Panama : le ministre Aubourg veut renforcer l’agriculture haïtienne

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Aubourg, plaide pour une agriculture haïtienne plus productive et plus résiliente. Le jeudi 22 octobre 2026, il a défendu cette orientation lors d’un dialogue régional organisé au Panama par la Banque interaméricaine de développement (BID).

Port-au-Prince, 23 octobre 2026. La rencontre portait sur le thème « Construire des systèmes agroalimentaires productifs et résilients ». Elle visait à examiner les moyens de renforcer les systèmes agricoles face aux crises.

En Haïti, l’insécurité alimentaire demeure un défi majeur. Pour y faire face, le ministère veut augmenter la production nationale et réduire la dépendance aux importations. Toutefois, l’aide d’urgence reste nécessaire pour soutenir les populations vulnérables. Elle doit donc s’accompagner d’investissements durables dans le secteur agricole.

Dans cette perspective, le MARNDR veut faciliter l’accès des agriculteurs aux semences de qualité, aux équipements et aux services de conseil agricole. Le ministère mise également sur les nouvelles technologies. Par ailleurs, il prévoit de privilégier la réhabilitation des infrastructures d’irrigation, la gestion de l’eau et la modernisation des exploitations.

Haïti veut rendre son agriculture plus résistante aux crises

L’agriculture haïtienne subit plusieurs pressions. Les changements climatiques, l’insécurité et la dégradation des ressources naturelles fragilisent les exploitations. De plus, les perturbations des circuits d’approvisionnement compliquent la distribution des produits agricoles.

Face à ces difficultés, le ministère préconise des systèmes de production plus résilients. Cette approche vise à protéger les récoltes et les revenus des agriculteurs.

Pour y parvenir, plusieurs pistes sont avancées. Il s’agit notamment de moderniser les infrastructures hydroagricoles, de protéger les sols et de mieux gérer les ressources en eau. Le ministère entend également encourager la diversification des cultures.

En parallèle, des mécanismes de financement adaptés pourraient aider les producteurs touchés par les crises. Ils leur permettraient de maintenir ou de relancer leurs activités.

Le ministère souligne aussi l’importance des systèmes d’alerte précoce. Ces dispositifs aideraient les autorités à anticiper les catastrophes et à mieux organiser les interventions. Ainsi, l’objectif est de mieux relier l’aide d’urgence, la relance des exploitations et le développement agricole à long terme.

Favoriser une alimentation saine et accessible

La sécurité alimentaire ne dépend pas uniquement de la disponibilité des produits. Elle repose aussi sur la capacité des ménages à accéder à une alimentation diversifiée, nutritive et abordable.

Dans cette optique, le développement des filières nationales constitue une priorité. La production de cultures vivrières, de fruits, de légumes et de produits d’origine animale pourrait améliorer l’approvisionnement des marchés.

Par ailleurs, le ministère veut réduire les pertes après récolte. Pour cela, il met l’accent sur le stockage, la conservation, la transformation et le transport des produits agricoles. Ces investissements pourraient préserver les récoltes, augmenter les revenus des producteurs et faciliter l’accès aux denrées locales.

Le ministre a également évoqué l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux. Une meilleure coordination entre les producteurs, les commerçants et les programmes d’alimentation scolaire pourrait créer de nouveaux débouchés. En même temps, elle favoriserait une alimentation plus diversifiée pour les élèves.

La coopération internationale pour soutenir l’agriculture

La coopération internationale constitue un autre axe des discussions organisées au Panama. Haïti souhaite notamment adapter les mécanismes d’accompagnement de la BID aux réalités des pays confrontés à des situations de fragilité.

Dans ce cadre, le MARNDR veut privilégier les investissements productifs, le renforcement des institutions agricoles et la résilience des systèmes alimentaires.

Le ministère insiste également sur le rôle des autorités nationales dans la définition des priorités. Selon cette orientation, les partenaires techniques et financiers devraient aligner leurs interventions sur les besoins établis par Haïti.

Une meilleure coordination pourrait ainsi améliorer le suivi des projets et l’utilisation des financements. Elle permettrait également de renforcer les capacités des institutions agricoles sur le long terme.

Des engagements à concrétiser sur le terrain

Haïti entend faire de l’agriculture un levier de sécurité alimentaire et de développement rural. Toutefois, la réalisation de cet objectif dépendra de la mise en œuvre des mesures annoncées.

Le financement des projets, la modernisation des infrastructures et l’accompagnement des producteurs restent donc essentiels. De même, un suivi rigoureux sera nécessaire pour évaluer les résultats des investissements.

En définitive, le défi consiste à transformer les orientations présentées au Panama en actions concrètes. L’enjeu est de renforcer la production nationale, de soutenir les agriculteurs et d’améliorer durablement l’accès de la population à une alimentation suffisante et de qualité.

Ronald André


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