Haïti – Élections : le VAR interpelle Jacques Desrosiers sur certaines dispositions du décret électoral

Delmas, 13 août 2026 — Le parti politique Vision-Action-Réalisation (VAR) exprime des préoccupations concernant certaines dispositions du décret électoral du 2 juin 2026, modifié par celui du 2 juillet 2026. Dans une lettre ouverte datée du 11 août et adressée à Jacques Desrosiers, président du Conseil électoral provisoire (CEP), le président du Conseil stratégique du VAR, Me Witlson Jeudy, appelle l’institution électorale à garantir un processus inclusif, transparent et équitable.

Dans cette correspondance, le VAR salue d’abord certaines dispositions du décret relatives à l’enregistrement des électeurs, notamment celles prévues aux articles 57 et suivants. Le parti souligne particulièrement la prise en compte de la situation des personnes déplacées, qu’il considère comme une mesure importante pour favoriser une participation citoyenne plus large.

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Selon le VAR, cette démarche est susceptible de renforcer la légitimité du processus électoral ainsi que celle des institutions qui seront issues des prochaines élections.

Cependant, la formation politique dit demeurer préoccupée par plusieurs dispositions du décret qui, selon elle, pourraient constituer des obstacles à une participation équitable à la compétition électorale et contribuer à l’apparition de nouvelles tensions politiques.

« Dans le contexte actuel du pays, marqué par une crise institutionnelle et sécuritaire persistante, le processus électoral doit être conçu comme un instrument de résolution de la crise et de restauration de la confiance citoyenne », soutient le VAR.

Le VAR préoccupé par l’article 153

Le parti attire particulièrement l’attention du président du CEP sur certaines exigences prévues à l’article 153 du décret électoral, notamment celles concernant les pièces et les conditions requises pour la déclaration de candidature.

Le VAR reconnaît la nécessité de soumettre les candidats à des exigences destinées à garantir leur intégrité, leur probité et leur aptitude à exercer des fonctions publiques. Il estime toutefois que ces exigences doivent être appliquées dans le respect des principes d’égalité, de proportionnalité et de participation politique.

La formation politique demande ainsi une attention particulière aux obligations administratives imposées aux candidats, notamment celles concernant les agents publics occupant des fonctions incompatibles avec une candidature.

Le VAR évoque spécifiquement l’alinéa 16 de l’article 153 relatif aux agents exécutifs intérimaires. Il souhaite une application « claire et uniforme » de cette disposition afin de garantir l’égalité entre les candidats et d’éviter que l’exercice d’une fonction publique puisse constituer un avantage indu dans la compétition électorale.

Pas de pénalisation en cas de retard administratif

Dans sa lettre, le VAR soulève également la question des documents et certificats dont la délivrance dépend des institutions publiques.

Le parti estime qu’aucun candidat ne devrait être injustement pénalisé lorsque le retard ou l’impossibilité d’obtenir un document requis résulte du fonctionnement de l’administration et non de sa propre responsabilité.

La formation politique attire par ailleurs l’attention du CEP sur l’article 388 du décret électoral. Elle demande que son interprétation et son application garantissent les principes d’équité, de transparence et de participation politique.

« Éviter toute situation susceptible de créer un sentiment d’exclusion »

De manière générale, le VAR encourage le Conseil électoral provisoire à privilégier une interprétation du décret conforme aux exigences d’inclusion, de transparence et d’égalité de traitement.

Pour le parti, dans un contexte marqué par une crise politique et sécuritaire persistante, toute disposition susceptible d’alimenter la méfiance ou de créer un sentiment d’exclusion doit faire l’objet d’une attention particulière.

Le VAR estime par ailleurs que le processus électoral ne doit pas être réduit à un simple mécanisme de désignation de nouveaux dirigeants. Il doit également, selon lui, servir d’espace de dialogue, de confiance et de réconciliation nationale.

« Il doit contribuer à résoudre la crise politique que traverse le pays et non à devenir une nouvelle source de tensions », soutient le parti.

Le VAR réaffirme ainsi qu’un processus électoral véritablement inclusif, transparent et équitable est indispensable à la restauration de la confiance des citoyens, à la légitimité des institutions et au retour durable à la normalité constitutionnelle.

En conclusion, le parti invite Jacques Desrosiers et le Conseil électoral provisoire à considérer ses préoccupations et à prendre, dans la limite de leurs attributions, les dispositions nécessaires afin que le processus électoral puisse se dérouler dans un climat d’apaisement, d’équité et de confiance.

Cette prise de position intervient alors que le calendrier électoral prévoit un premier tour le 13 décembre 2026, dans un contexte national toujours marqué par d’importants défis sécuritaires et politiques.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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