Haïti : des médecins réclament la libération du Dr Resiliac Jean Samuel, détenu à la DCPJ

Des médecins et plusieurs acteurs du secteur de la santé ont réclamé, ce dimanche, la libération immédiate du Dr Resiliac Jean Samuel. Lors d’une conférence de presse, ils ont dénoncé une détention qu’ils jugent arbitraire et exprimé leur inquiétude face à la dégradation de son état de santé.

Port-au-Prince, le 5 juillet 2026.- Le médecin est détenu depuis un mois à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Il est soupçonné d’avoir prodigué des soins à des membres de groupes armés opérant dans le département de l’Artibonite.

Les intervenants estiment que ces accusations ne justifient pas son incarcération. Ils rappellent que le serment médical oblige tout médecin à soigner toute personne nécessitant une prise en charge, sans distinction d’identité ou d’appartenance.

« Soigner n’est pas un crime », ont affirmé plusieurs participants. Selon eux, poursuivre un médecin pour avoir exercé sa profession constitue une atteinte aux principes fondamentaux de l’éthique médicale.

La Dre Dubreus Nosterline a exprimé sa vive préoccupation concernant l’état de santé du Dr Resiliac Jean Samuel. Elle a appelé les autorités à agir rapidement.

Le Dr James-Son Cadet a estimé que l’État devrait protéger les professionnels de santé qui travaillent dans les zones sous contrôle de groupes armés, plutôt que de les criminaliser. Il a rappelé que le Dr Resiliac Jean Samuel est médecin résident à l’Hôpital Claire Heureuse de Marchand-Dessalines, dans l’Artibonite. Selon lui, il était revenu des États-Unis pour servir en Haïti avant son arrestation.

De son côté, Fabiola Musac a dénoncé un signal négatif envoyé aux jeunes médecins qui choisissent d’exercer dans le pays. Elle a également critiqué les violences policières contre des étudiants en médecine qui réclamaient la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti.

Les intervenants ont rappelé que l’Hôpital Claire Heureuse est situé dans une zone où opèrent les groupes armés Kokorat San Ras et Gran Grif. Ils affirment que les médecins y sont souvent contraints de soigner toutes les personnes blessées afin de préserver leur propre sécurité.

À l’issue de la conférence, les professionnels de santé ont demandé le respect de l’État de droit et des garanties judiciaires. Ils ont réclamé la libération du Dr Resiliac Jean Samuel et appelé les autorités à mieux protéger les personnels de santé confrontés à l’insécurité.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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