Billet |Messi, le football en personne?

Par Wandy CHARLES

Messi est surnommé affectueusement Papa, ici chez nous. 39 ans au compteur, mais toujours cette manière insolente de faire croire au temps qu’il n’a pas encore son mot à dire.

Petion-Ville, 4 juillet 2026.- À l’âge où certains négocient avec leurs genoux, lui continue de dialoguer avec le ballon comme avec un vieux complice. Son Mondial, à mon humble avis, est réussi : non pas seulement par les chiffres, les gestes ou les éclairs, mais par cette capacité rare à rester immense sans avoir besoin de courir après sa propre légende.

Car Messi n’est plus seulement un joueur. Il est devenu une archive vivante du football, un chapitre qui refuse de se refermer, une bibliothèque entière rangée dans un pied gauche.

Huit Ballons d’Or, une Coupe du monde, deux Copa América, une Finalissima, quatre Ligues des champions, dix Ligas, des Coupes, des Supercoupes, des titres par dizaines, des soirs de gloire par centaines. Avec Barcelone, il a été roi, architecte, poète et bourreau. Avec l’Argentine, il a transformé les larmes en couronne, l’attente en délivrance, la malédiction en légende nationale.

Il est le meilleur buteur de l’histoire du FC Barcelone, le meilleur buteur de l’histoire de la Liga, le meilleur buteur sud-américain en sélection, l’homme aux 91 buts sur une seule année civile, celui qui a marqué, donné, inventé, recommencé.

Et puis il y a la Coupe du monde, ce théâtre suprême où l’histoire n’accorde ses faveurs qu’aux géants. Là encore, Messi a fini par transformer le livre des records en carnet personnel. Six Coupes du monde disputées, un record d’apparitions encore prolongé en 2026, des buts dans plusieurs éditions, des passes décisives qui traversent les générations, des matchs à élimination directe marqués de son empreinte, et désormais cette couronne statistique que même le temps semblait protéger : meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde jusqu’à présent.

Cette année encore, en 2026, il n’est pas venu faire de la figuration sentimentale ni saluer le public comme un ancien roi invité au balcon. Non. Il est venu marquer, guider, décider. Premier joueur à empiler les buts avec une telle régularité dans plusieurs Mondiaux, auteur d’un nouveau but face au Cap-Vert, porté à 20 réalisations dans l’histoire de la compétition, il a rappelé que l’âge peut ralentir les jambes, mais rarement l’intelligence d’un génie.

À 39 ans, Messi ne court peut-être plus après tous les ballons. Il choisit les moments. Il sélectionne les silences. Il attend que le match respire, puis il dépose son pied gauche comme on pose une signature au bas d’un traité d’éternité.

Messi ne joue plus seulement au football ; il médite sur la pelouse, il philosophe en crampons, il rappelle que le génie vieillit parfois mieux que les certitudes.

Et franchement, à 39 ans, faire encore trembler des défenseurs qui pourraient presque l’appeler “Tonton”, c’est déjà une forme d’éternité.

Messi est le football? peut-être ! Et pas seulement parce qu’il a tout gagné, mais parce qu’il a tout donné au jeu: la beauté, la précision, la patience, la joie, la douleur, la revanche, les records, les larmes, les trophées, et cette petite insolence divine qui fait qu’un ballon, dans ses pieds, cesse d’être un objet pour devenir une idée. Vive le Football!

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