Esclavage : l’Afrique et la Caraïbe unissent leurs voix pour réclamer des réparations

Des représentants de pays africains et caribéens ont appelé à des réparations liées à l’esclavage et à la traite transatlantique. La rencontre s’est tenue à Accra, au Ghana, du 17 au 19 juin 2026.

CP : RFI

Accra, le 19 juin 2026.- Des États, des organisations internationales et des acteurs de la société civile ont participé à cette conférence consacrée à la justice réparatrice. Les participants ont adopté plusieurs positions communes.

Ils réclament des excuses officielles pour les crimes liés à l’esclavage. Ils demandent aussi la création d’un fonds international de réparations. Une réforme des institutions mondiales est également proposée.

Cette initiative intervient après une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. Le texte reconnaît la traite transatlantique et l’esclavage comme le « plus grave crime contre l’humanité ».

La résolution, présentée par le Ghana au nom de l’Union africaine, a été adoptée à une large majorité. Plusieurs pays européens se sont abstenus. Les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre.

Longtemps portée par les descendants d’esclaves et les mouvements panafricains, la demande de réparations gagne désormais du poids diplomatique. Plusieurs gouvernements de la Caraïbe soutiennent également cette démarche.

Les participants estiment que la résolution de l’ONU ouvre une nouvelle phase. Elle doit permettre la mise en place de mesures concrètes pour réparer les conséquences historiques de l’esclavage.

À l’ouverture des travaux, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a insisté sur la nécessité d’actions concrètes. Selon lui, la reconnaissance internationale doit dépasser le symbole.

Les délégations ont appelé à un dialogue international sur les responsabilités historiques des anciennes puissances esclavagistes. Elles demandent aussi le renforcement des programmes d’éducation, de développement et de mémoire.

Cette mobilisation Afrique–Caraïbe marque une nouvelle étape dans la quête de justice historique. Elle vise à transformer la reconnaissance du passé en actions réparatrices.

Haïti peu visible dans les discussions

La faible visibilité d’Haïti dans ces échanges soulève des interrogations. Le pays occupe pourtant une place historique centrale dans la lutte contre l’esclavage.

Première République noire indépendante, Haïti a proclamé son indépendance en 1804. Elle a aussi été le premier État à abolir définitivement l’esclavage.

La Révolution haïtienne a affaibli le système colonial et inspiré de nombreux mouvements d’émancipation dans les Amériques et les Caraïbes.

Pour plusieurs observateurs, cette contribution historique devrait être davantage prise en compte dans les débats actuels sur les réparations.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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