Géraldine Lucea : Une policière qui allie l’ excellence universitaire à l’engagement professionnel
Malgré les exigences du métier de policière au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH), Géraldine Lucea s’impose comme une figure d’excellence académique. Licenciée en Anthropologie et Sociologie avec la mention Très bien, elle poursuit actuellement un master en Histoire, Mémoire et Patrimoine à l’IERAH, tout en se formant en Diplomatie et Coopération internationale. Un parcours exceptionnel qui illustre la force de la persévérance dans un contexte professionnel et social contraignant.

Port-au-Prince, 28 janvier 2026
Entrée dans la PNH en 2018, après avoir interrompu ses études à la Faculté d’Ethnologie et à l’Institut d’Études et de Recherches Africaines d’Haïti (IERAH), Géraldine Lucea n’a jamais renoncé à son ambition : contribuer au développement d’Haïti par le savoir, la discipline et l’excellence académique.
Un parcours marqué par les détours et la constance
Après l’obtention de son diplôme de l’école de police en 2018, elle entame une carrière professionnelle exigeante qui l’éloigne temporairement des amphithéâtres universitaires. Pendant près de trois ans, elle se consacre entièrement à son travail, observant à distance l’évolution académique de ses anciens camarades.
En 2021, elle décide toutefois de reprendre ses études et se réinscrit à la Faculté d’Ethnologie, conciliant heures de service, lectures nocturnes et travaux universitaires. Cette reprise marque un tournant décisif dans son parcours.
Une ambition académique renforcée
En 2022, Géraldine Lucea élargit son champ de formation en intégrant le Centre d’Études Diplomatiques et Internationales (CEDI), où elle suit une licence en Sciences politiques, option Diplomatie et Relations internationales. Cette double charge académique et professionnelle, souvent difficile à soutenir, est menée avec rigueur et détermination.
Ses efforts aboutissent à la soutenance réussie de son mémoire à la Faculté d’Ethnologie, lui permettant d’obtenir le grade de licenciée avec une note de 88/100, mention Très bien.
Reconnaissance malgré les résistances
En 2024, toujours en fonction au sein de la PNH, elle réussit le concours de master de l’IERAH en Histoire, Mémoire et Patrimoine, un programme intensif de 18 mois. Dans un environnement où il est peu courant qu’une femme policière poursuive des études universitaires avancées, elle fait face à des résistances, voire à des formes de découragement professionnel, sans que cela n’altère sa détermination.
Fin 2025, elle achève ce master et se distingue en se classant troisième lauréate du programme de master de l’Académie diplomatique Jean Price Mars, en Diplomatie et Coopération internationale.
Un modèle de résilience et d’espoir
Pour Géraldine Lucea, l’année 2025 représente l’aboutissement de plusieurs années de sacrifices et de constance. Elle estime que la réussite ne dépend ni de la rapidité du parcours ni de sa linéarité, mais de la patience, de la discipline et de la fidélité à ses objectifs.
Dans une société où les femmes continuent de faire face à de multiples barrières et où les policières sont souvent stigmatisés, son parcours s’impose comme un exemple inspirant. Géraldine Lucea incarne la possibilité de concilier engagement professionnel, ambition personnelle et réussite académique, offrant ainsi un message d’espoir à toute une génération d’Haïtiennes et d’Haïtiens.
Josué François
Vant Bèf Info
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