Homicide involontaire de Stephora : le parquet réclame 50 millions de pesos contre les accusées
Le ministère public dominicain a requis, ce dimanche 7 décembre 2025, des mesures coercitives à l’encontre de quatre responsables de l’Institut Léonard de Vinci, interpellées dans le cadre de l’enquête sur la mort de la jeune Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans. La demande a été présentée devant le Bureau judiciaire des services d’assistance permanente de Santiago, trois semaines après le drame survenu lors d’une sortie scolaire au ranch Los Caballos, à Gurabo.

Santiago, le 7 décembre 2025—
Selon les informations rapportées par le média N Digital, le parquet sollicite une garantie économique de 50 millions de pesos dominicains pour chacune des accusées, à déposer via une compagnie d’assurance spécialisée. Il réclame également l’interdiction de quitter le territoire, des comparutions périodiques ainsi que la pose de bracelets électroniques de géolocalisation pour les personnes mises en cause.
Ces mesures visent les quatre employées arrêtées le vendredi 5 décembre pour négligence grave :
Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative ;
Gisela Altagracia de las Mercedes González Estrella, coordinatrice générale et conseillère de la direction ;
Francisca Josefina Tavarez Vélez, conseillère ;
Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du secondaire.
Le dossier judiciaire retient plusieurs infractions : l’article 319 du Code pénal dominicain (homicide involontaire), l’article 351-2 (abandon et maltraitance d’enfant) ainsi que l’article 14 de la loi 136-03, relative à la protection des droits fondamentaux des enfants et adolescents.
Stephora est décédée le 14 novembre dans l’une des piscines du ranch Los Caballos. L’excursion réunissait 87 élèves pour seulement trois accompagnateurs adultes. Le ministère public dénonce de graves défaillances : absence de gilets de sauvetage, méconnaissance de la profondeur des piscines et absence de vérification du niveau de natation des enfants.
Une vidéo versée au dossier met en évidence une négligence manifeste de la part des responsables présents sur les lieux, renforçant les accusations portées contre les membres de l’établissement.
L’enquête, menée sur instruction de la procureure générale Yeni Berenice Reynoso, est supervisée par le procureur adjoint Wilson Camacho et l’avocate Olga Diná Llaverías, responsables respectivement de la Direction générale des poursuites et de la Direction nationale de l’enfance, de l’adolescence et de la famille (Dinnaf).
Le parquet demande par ailleurs au ministère de l’Éducation d’effectuer une inspection complète de l’Institut Léonard de Vinci, afin d’identifier toute pratique compromettant la sécurité ou l’intérêt supérieur des élèves.
Le décès de Stephora a profondément ému la société en République dominicaine comme en Haïti, ravivant le débat sur la sécurité lors des activités scolaires et sur la responsabilité des établissements. La population réclame justice et des mesures fortes pour prévenir de tels drames.
Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)
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