L’INSFSF à l’agonie : quand l’incompétence administrative sacrifie l’avenir des sages-femmes haïtiennes
Ce mercredi 12 novembre, l’Institut National Supérieur de Formation de Sage-femme (INSFSF) a brutalement annoncé la suspension de ses activités de formation, invoquant un manque de fonds pour rémunérer ses professeurs et ses monitrices. Une décision qui plonge les étudiants dans l’incertitude totale et met en lumière la gestion chaotique d’une institution pourtant essentielle pour le système de santé du pays.

Port-au-Prince, le 12 novembre 2025. Cette décision, prise sans procédure transparente, sans anticipation, et sans plan de transfert ou de continuité pédagogique, révèle un mépris grave pour l’avenir de ces jeunes et l’irresponsabilité criante de l’administration, dirigée par la Doyenne Daudier Nadège DENIS, dont la gestion est de plus en plus remise en question.
Comment justifier l’abandon de futurs professionnels de la santé, en pleine période de stage, sans la moindre alternative, ni explication claire ?
Les étudiants, pris au dépourvu, expriment leur désespoir et témoignent combien il est difficile d’étudier en Haïti.
Une mission compromise.
Tandis que l’INSFSF, créé par le ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), s’était donné pour mission de former des professionnels compétents dans le domaine de sages-femmes, pour le bien de la santé des femmes enceintes et des nouveau‑nés en Haïti, l’administration actuelle trahit cette mission.
Les professeurs n’ont pas été payés pendant huit mois et les monitrices refusent d’encadrer les stagiaires. Ce contexte instable met en danger non seulement leur avenir professionnel, mais aussi la prise en charge des mères dans un pays où chaque sage‑femme compte.
Il est particulièrement inadmissible que l’une des institutions stratégiques de santé publique ferme ses portes à cause d’un “manque de fonds”, alors que ces jeunes avaient choisi d’entrer dans cette formation pour sauver des vies. Comment peut‑on accepter qu’elles soient abandonnées de la sorte ?
Exortation à intervenir
Nous lançons un appel pressant au ministre de la Santé publique, Dr Sinal Bertrand, qui lui-même semble oublier l’existence de cette école, afin qu’il intervienne en urgence pour garantir la reprise des cours et des stages. Nous exhortons également la communauté à ne pas détourner le regard face à cette injustice flagrante envers les futurs professionnels de la santé.
Il est temps d’agir. Suspendre la formation des sages-femmes, c’est sacrifier l’avenir d’une partie du secteur de la santé maternelle et le droit à l’éducation.
Nerline Félix
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