7 février 1986 -7 février 2026 : quarante ans à apprendre la démocratie sans jamais la maîtriser
Par Wandy Charles
Quarante ans après le 7 février 1986, Haïti n’a toujours pas réussi à transformer la chute de la dictature en démocratie fonctionnelle. Le pays a appris à renverser des régimes, à contester le pouvoir, à organiser des transitions. Il n’a pas appris à gouverner durablement.

Depuis quatre décennies, la démocratie haïtienne avance sous perfusion. Chaque crise efface les promesses de la précédente. Chaque transition est présentée comme salvatrice, puis se termine dans la désillusion. Le 7 février est devenu moins un symbole d’alternance qu’un rendez-vous récurrent avec l’échec institutionnel.
Le problème n’est plus seulement politique. Il est structurel. Une démocratie sans sécurité, sans justice crédible, sans services publics, sans confiance citoyenne, est une démocratie de façade. Et Haïti en a fait l’amère expérience. Les élections ne suffisent pas. Les discours non plus.
Pendant ce temps, la population paie le prix fort : insécurité généralisée, précarité extrême, exil forcé, désillusion civique. Beaucoup n’attendent plus rien du système politique, sinon sa prochaine crise.
Quarante ans après 1986, une vérité s’impose : la démocratie haïtienne n’est pas morte, mais elle n’a jamais vraiment vécu. Elle reste un idéal proclamé, rarement pratiqué. Tant que l’État restera faible et que la politique demeurera un instrument de survie personnelle plutôt qu’un projet collectif, le 7 février continuera d’être une date chargée de promesses trahies.
L’apprentissage de la démocratie est long. En Haïti, il est surtout douloureux. Et le temps presse.
Vant Bef info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
