Un budget de guerre alors qu’Haïti est toujours sous la menace des gangs

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Lors de son investiture le 7 mars 2025 en tant que coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean a déclaré qu’Haïti était en « situation de guerre » face aux gangs criminels qui déstabilisent le pays. Ce constat souligne l’ampleur de la crise sécuritaire et l’urgence de mesures pour rétablir l’ordre.

Port-au-Prince, le 03 avril 2025- Face à cette menace, le gouvernement a décidé d’élaborer un budget de guerre afin de doter les forces de l’ordre des moyens nécessaires. Ce budget rectificatif 2024-2025, en cours de validation par le Conseil des ministres, prévoit une allocation de 31 milliards de gourdes pour renforcer la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces Armées d’Haïti (FAd’H).
Des fonds pour moderniser les forces de sécurité
Sept milliards de gourdes seront consacrés à l’acquisition d’équipements stratégiques pour améliorer les capacités opérationnelles de la PNH. Les FAd’H recevront 4,4 milliards de gourdes pour moderniser leur équipement et être déployées efficacement dans la lutte contre l’insécurité.
Le plan du CPT inclut également des actions stratégiques, telles que le renforcement des institutions de sécurité par la formation et l’équipement des forces de l’ordre, ainsi que la collaboration avec des agences spécialisées. Un accord a été signé entre les FAd’H et l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP) pour coordonner les efforts de sécurisation des zones sensibles.
Un appel à l’aide internationale
Par ailleurs, des discussions ont été engagées avec la CARICOM et l’ambassade du Canada en Haïti pour obtenir un soutien en matière de gouvernance et de sécurité. Toutefois, malgré ces initiatives, la population peine à voir des changements concrets sur le terrain.
Des critiques sur l’efficacité des mesures
Si ces efforts sont salués par certains, d’autres pointent du doigt le manque de résultats tangibles. L’insécurité demeure une réalité quotidienne, et la capacité du gouvernement à rétablir l’ordre reste incertaine. De plus, la PNH est critiquée pour son usage disproportionné de la force lors des manifestations populaires, tandis que son action face aux gangs semble insuffisante.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)