Traverser pour rentrer chez soi devient un défi à Fontamara et Carrefour

Depuis plusieurs jours, les habitants de Carrefour, Fontamara, Martissant et Bizoton font face à un véritable calvaire pour regagner leur domicile. L’insécurité généralisée, marquée par des tirs sporadiques, des barrages érigés par des gangs armés et une tension permanente, rend les déplacements presque impossibles, même en pleine journée.

Port-au-Prince, 15 septembre 2025 — Des scènes inhabituelles se répètent quotidiennement : des passants tentant de traverser les zones rouges en file indienne, des véhicules contraints de rebrousser chemin, ou encore des citoyens obligés de passer la nuit en ville, incapables de franchir les axes menant vers leur quartier. Même à bord d’un véhicule, le danger reste constant, une rafale pouvant éclater à tout moment.

« Mwen sòti travay depi 3è aprèm. Kounye a, li 6è, mwen toujou chita Dèlma. M pa ka rantre Fontamara », témoigne Sonia, infirmière obligée de dormir depuis trois jours chez une collègue. Nickelson, étudiant en droit, raconte avoir quitté sa faculté à midi sans jamais parvenir à rentrer chez lui : « Èske m ka etidye nan kondisyon sa ? », s’interroge-t-il.

Ce blocage affecte lourdement la vie quotidienne : ralentissement des activités économiques, perturbation de la scolarité et difficultés d’accès aux soins. Certains malades n’ont pas pu recevoir de traitement à temps, selon des témoignages recueillis. D’autres, paniqués, choisissent de traverser à pied des kilomètres de routes désertes, au risque de leur vie.

Face à cette situation, l’État reste silencieux et aucune solution durable n’a encore été annoncée. En attendant, une partie de la population vit en otage, bloquée ou recluse, au cœur d’une capitale fragmentée par la peur et la violence.

Sarah-Lys Jules
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.