Sterline Civile face à l’épreuve : défense légitime ou manœuvre de riposte avant son éventuelle éviction ?
Alors que la rumeur de son éviction fait grand bruit, la directrice générale du Fonds National de l’Éducation (FNE), Sterline Civile, a choisi de sortir de son silence. Ce jeudi 18 septembre, elle a publié un long message sur X, dressant le bilan de ses sept mois de gestion et dénonçant ce qu’elle considère comme une cabale orchestrée contre elle. Mais derrière cette sortie publique, une question essentielle demeure : s’agit-il d’un plaidoyer crédible ou d’un simple écran de fumée ?

Port-au-Prince, le 18 septembre 2025. Dans son texte, Sterline Civile oppose deux visions : d’un côté ses actions chantiers, réhabilitations, soutien aux écoles et universités de l’autre, les attaques de ses détracteurs, qu’elle accuse de préférer la corruption et le clientélisme. Cette posture, qui relève plus du registre moral que de l’explication factuelle, évite toutefois le cœur du problème : les accusations persistantes de mauvaise gestion. La directrice ne répond pas aux critiques sur le fonds, elle les renvoie à ses adversaires et accusateurs.
Plusieurs observateurs n’y voient qu’une stratégie classique de communication : transformer l’attaque en outil d’auto-légitimation. En érigeant son combat personnel en symbole de la lutte contre la corruption, Sterline Civile tente de se présenter comme victime d’un système, plutôt que comme responsable d’une institution. Mais ce glissement rhétorique comporte un risque : celui de renforcer l’idée qu’elle préfère la mise en scène au bilan concret.
La formule choc « est ce que travailler signifier détourner l’argent destiné aux enfants ? » sonne comme un coup de poing médiatique. Pourtant, elle illustre davantage une volonté de frapper les esprits qu’une démonstration de transparence. Car si les mots pèsent en politique, ce sont les chiffres, les audits et la traçabilité des fonds qui tranchent. Or, sur ce terrain, la directrice reste évasive.
Les réactions sur les réseaux sociaux traduisent bien cette ambiguïté : certains applaudissent son courage, d’autres dénoncent une communication creuse qui masque mal une gestion jugée opaque. Le contraste révèle un déficit de confiance plus large, symptomatique d’une société lassée des promesses et en quête de preuves tangibles.
Au final, cette sortie de Sterline Civile apparaît comme une tentative de renverser la dynamique, mais elle risque d’être perçue comme un dernier baroud d’honneur si elle ne s’accompagne pas d’éléments concrets pour dissiper les soupçons. Dans un pays où la crédibilité des institutions est déjà fortement fragilisée, la parole seule ne suffit plus : ce sont les faits qui décideront de son avenir au FNE, si avenir, il y en a encore pour elle au FNE.
Judelor Louis Charles
VANT BÈF INFO (VBI)
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