Séismes en Haïti : des zones toujours fortement exposées malgré une baisse de l’activité en 2025

L’activité sismique est restée soutenue en Haïti en 2025, malgré une légère baisse par rapport à l’année précédente. Selon le bilan annuel publié par l’Unité technique de sismologie (UTS) du Bureau des Mines et de l’Énergie, 553 séismes ont été enregistrés sur le territoire, contre 628 en 2024, soit une diminution de 12 %.

Port-au-Prince, 12 janvier 2026. —Les données, issues des réseaux sismologiques locaux (Ayiti-Séismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République dominicaine), indiquent une moyenne mensuelle de 46 secousses, contre 52 l’année précédente. Les mois de mai et d’août ont été les plus actifs, avec chacun 60 séismes, confirmant le caractère irrégulier et imprévisible du phénomène.

Des secousses majoritairement faibles

La majorité des séismes enregistrés en 2025 étaient de faible intensité. Selon le rapport, 503 événements, soit 90,9 %, présentent une magnitude inférieure ou égale à 3, classés comme très mineurs à légers. Les 50 autres séismes (9 %) affichent des magnitudes comprises entre 3,1 et 4,2.

Le séisme le plus important de l’année, de magnitude 4,2, s’est produit le 23 août 2025 en mer, au large de Jean-Rabel, dans le département du Nord-Ouest. Aucun dégât majeur n’a été signalé, mais l’événement rappelle la vulnérabilité persistante des zones côtières.

Sur l’ensemble des secousses recensées, 206, soit 37,2 %, sont survenues en mer, principalement autour de la presqu’île du Nord-Ouest. Les spécialistes soulignent que, sous certaines conditions — forte magnitude, faible profondeur et failles sous-marines actives —, ce type de séisme peut générer des tsunamis, un risque réel pour un pays largement bordé par la mer.

Par ailleurs, 263 séismes, soit 47,5 %, sont qualifiés de superficiels, avec une profondeur inférieure ou égale à 10 kilomètres. Ces secousses, bien que souvent faibles, sont généralement plus ressenties par la population et peuvent provoquer des dégâts localisés, notamment dans les zones urbaines densément construites.

L’Ouest, les Nippes et le Nord-Ouest parmi les plus exposés

La répartition géographique de l’activité sismique montre une forte concentration dans trois départements. L’Ouest arrive en tête avec 138 séismes (24,9 %), suivi des Nippes avec 115 événements (20,7 %) et du Nord-Ouest avec 102 secousses (18,4 %). À eux seuls, ces départements totalisent 64 % des séismes enregistrés en 2025, contre 59 % en 2024.

À l’inverse, les départements du Centre, du Nord et du Nord-Est figurent parmi les moins touchés, avec un total cumulé de 31 secousses, soit 5,6 % de l’activité annuelle.

Appel à la prévention et au respect des normes

Face à ces constats, l’UTS et le Bureau des Mines et de l’Énergie appellent la population et les autorités à renforcer les mesures de prévention. Les institutions insistent notamment sur le respect des normes de construction parasismique et sur l’importance de l’application des consignes de la Protection civile.

« Construire mieux et se préparer reste la seule voie durable pour réduire l’impact des séismes », souligne le rapport, qui invite à intégrer la gestion du risque sismique dans les politiques publiques et les pratiques individuelles.

Malgré la baisse relative du nombre de secousses, l’année 2025 confirme que le risque sismique demeure une réalité structurelle en Haïti, imposant vigilance, préparation et responsabilité collective.

Came Stefada Poulard
Vant Bèf Info (VBI)


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