Sécurité sismique en Haïti : GramsAYITI met en garde, 16 ans après le séisme dévastateur de 2010

Seize années après le séisme cataclysmique du 12 janvier 2010, Haïti reste dangereusement exposée à une nouvelle catastrophe majeure. À l’occasion de cet anniversaire douloureux, le Groupe de Réflexion et d’Actions sur les Menaces Sismiques en AYITI (GramsAYITI) relance l’alerte : la vulnérabilité sismique du pays demeure alarmante, tandis que les réponses institutionnelles restent largement insuffisantes.

Pétion-Ville, 12 janvier 2026

Dans une note de circonstance, l’organisation exprime sa solidarité avec les survivants et les familles des plus de 300 000 victimes de la catastrophe, qui avait également engendré entre 7,8 et 8,5 milliards de dollars américains de pertes matérielles. Mais au-delà du devoir de mémoire, GramsAYITI déplore surtout l’absence de mesures structurelles à la hauteur des risques.

Les données du Bureau des Mines et de l’Énergie (BME) indiquent que 553 secousses sismiques ont été enregistrées en Haïti au cours de l’année 2025, dont près de 90 % de faible magnitude. Un chiffre qui, selon GramsAYITI, ne doit en aucun cas masquer la réalité du danger. « Le Grand Nord est toujours sous alerte rouge », prévient l’organisation, soulignant qu’un séisme majeur dans cette région pourrait provoquer des dégâts considérables et menacer des sites emblématiques du patrimoine national, dont la Citadelle Laferrière.

Autre facteur aggravant : l’anarchie urbanistique persistante. Constructions illégales sur des zones à haut risque, notamment au Morne l’Hôpital, non-respect quasi généralisé des normes parasismiques et absence de planification urbaine cohérente témoignent, selon GramsAYITI, d’une incapacité collective à tirer les leçons du passé.

Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités haïtiennes à concevoir et à mettre en œuvre une véritable politique nationale de construction intégrant les paramètres sismiques. Elle insiste sur la nécessité d’investir dans la prévention, l’éducation citoyenne et le renforcement du cadre réglementaire afin d’éviter qu’un nouveau drame ne vienne endeuiller le pays.

« Pou tranblemanntè pa yon fatalite, se pare pou n pare ! » martèle GramsAYITI, réaffirmant son engagement pour une Haïti plus résiliente, mieux préparée et consciente des risques naturels qui pèsent sur son avenir.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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