Prévenir plutôt que subir : la DGPC prépare le Sud-Est à faire face à la saison cyclonique

Dans les rues de Jacmel, l’ambiance avait ce parfum d’urgence maîtrisée. Sirènes d’alerte, équipes en mouvement, radios en main et consignes précises lancées dans les centres communaux : pendant trois jours, la ville et ses environs ont vécu au rythme d’un scénario de catastrophe grandeur nature.

Jacmel, lundi 8 septembre 2025. – Sous le regard attentif du directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre, les brigadiers se sont mobilisés dans le cadre des exercices de simulation (SIMEX 2025). Objectif : tester la réactivité des autorités locales et renforcer la coordination face à la saison cyclonique.

Un département vulnérable mais désormais mieux armé

Bainet, Marigot et Jacmel ont accueilli ces manœuvres, une première depuis sept ans dans le département du Sud-Est. Une cinquantaine de brigadiers ont été déployés dans différents centres d’opérations d’urgence communaux pour établir un plan d’intervention concret. « Le Sud-Est, réputé vulnérable pour ses côtes marines, dispose désormais d’équipes mieux préparées à répondre aux aléas cycloniques », a déclaré M. Pierre lors de la conférence de clôture, se disant « satisfait » du travail accompli.

La démarche s’inscrit dans une vision plus large : d’ici la fin de l’année, cinq autres départements du pays accueilleront des exercices similaires.

Des acteurs multiples mobilisés

La simulation n’a pas seulement réuni les brigadiers. Le maire de Bainet, Clive Mc Caller, le délégué départemental Jude Pierre Michel Lafontant, le directeur départemental Ronald Délice, des représentants du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’OCHA, de l’OIM, mais aussi du Bureau de l’Agriculture, de l’UHM et des associations de personnes handicapées étaient présents.

Tous ont répondu à l’appel de la Protection civile pour doter le Sud-Est d’une équipe dynamique, capable d’intervenir efficacement en cas de cyclone. La fluidité entre acteurs étatiques et non étatiques, martèle Emmanuel Pierre, sera décisive au cours des interventions d’urgence.

Un retour attendu après sept ans d’absence

Depuis 2018, aucune simulation n’avait été réalisée dans le département. Une absence jugée préoccupante pour une région régulièrement frappée par les tempêtes tropicales. Le retour de ces exercices a donc valeur de signal : celui d’un État qui entend anticiper plutôt que subir. « Nous insistons sur l’importance des actions anticipatoires. Préparer aujourd’hui, c’est sauver des vies demain », a souligné le directeur général.

Ces SIMEX 2025 ont rappelé, par la mise en scène de crises simulées, que la vigilance ne peut être relâchée. Au-delà de la logistique, c’est une culture de prévention que la DGPC tente d’ancrer dans les communautés locales.

À l’approche du pic cyclonique, entre septembre et novembre, le Sud-Est se présente donc comme un laboratoire de résilience. Les exercices y ont jeté les bases d’une collaboration renforcée, prémices d’une préparation nationale que la Protection civile veut inscrire dans la durée.

Came Stefada Poulard
Vant Bef Info (VBI)


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