Plusieurs migrants haïtiens renvoyés après une tentative de traversée illégale de la frontière canadienne
Plusieurs migrants d’origine haïtienne ayant tenté de franchir illégalement la frontière canadienne à pied, dans la nuit du 25 au 26 décembre, ont été renvoyés aux États-Unis, a confirmé mardi l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Dans un courriel transmis aux médias, l’ASFC indique que « toutes les demandes d’asile liées à cet incident ont été traitées » et que « toutes les personnes jugées inadmissibles ont été renvoyées aux États-Unis », sans toutefois préciser le nombre exact de migrants concernés.

Selon d’autres sources, un groupe de 19 personnes, dont deux enfants âgés de 1 et 3 ans, aurait été intercepté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) près d’Havelock, en Montérégie, après avoir tenté d’entrer clandestinement au Canada en traversant la frontière à pied, malgré des conditions climatiques difficiles.
Les autorités canadiennes rappellent que, conformément à l’Accord sur les tiers pays sûrs, les demandeurs d’asile doivent présenter leur demande dans le premier pays sûr où ils arrivent. À moins de bénéficier d’une exception — notamment avoir un membre de la famille au Canada ou être un mineur non accompagné — ils sont jugés inadmissibles et renvoyés vers ce pays.
Les migrants haïtiens interceptés et déclarés inadmissibles ont ainsi été remis aux agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux États-Unis. Selon Frantz André, porte-parole et coordonnateur du Comité d’action des personnes sans statut, ces personnes sont généralement placées en centre de détention et, dans de nombreux cas, expulsées sans comparaître devant un juge.
Des observateurs estiment que ce type de situation pourrait se multiplier en raison du durcissement des politiques migratoires américaines depuis le retour de Donald Trump à la présidence en 2025. Le statut de protection temporaire (TPS) accordé à de nombreux Haïtiens après le séisme de 2010 doit expirer le 3 février prochain. Ce statut, qui protège ses bénéficiaires contre l’expulsion et leur permet de travailler légalement, concerne actuellement environ 520 000 ressortissants haïtiens.
L’administration américaine considère désormais qu’Haïti ne présente plus de conditions exceptionnelles justifiant le maintien du TPS, une position contestée par plusieurs organisations de défense des migrants. Marjorie Villefranche, porte-parole de la Concertation haïtienne pour les migrants, affirme que l’insécurité et la violence des gangs continuent de contraindre de nombreux Haïtiens à l’exil.
Pour Arcelle Appolon, directrice générale de la Maison d’Haïti à Montréal, ces tentatives de traversée irrégulière témoignent à la fois des effets des politiques migratoires américaines et de la dégradation de la situation en Haïti. Elle rappelle qu’en 2025, sur 33 848 demandes d’asile enregistrées au Canada, 4 265 personnes ont été renvoyées aux États-Unis.
Alors que la crise sécuritaire et humanitaire persiste en Haïti, les migrants haïtiens continuent de faire face à des conditions de plus en plus précaires sur les routes de l’exil.
Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)
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