Plaques d’immatriculation illégales : le GMODDH interpelle le ministre de la Justice
Le Groupe Mobilisé pour la Défense des Droits Humains (GMODDH) monte au créneau pour dénoncer la circulation de véhicules aux plaques erronées, périmées ou inappropriées, en violation flagrante de la loi. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, l’organisation appelle à des mesures urgentes pour enrayer cette pratique qui alimente l’impunité et fragilise davantage un pays déjà secoué par l’insécurité.

Port-au-Prince, 18 septembre 2025. – Selon le GMODDH, « de nombreux véhicules munis de plaques d’immatriculation périmées depuis 2021 (…) circulent encore librement sur la voie publique à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province dont Hinche, Cap-Haïtien et Ouanaminthe ».
Le plus préoccupant, dénonce l’organisation, c’est que ces véhicules sont fréquemment utilisés par des hommes armés vêtus de noir, parfois en uniforme de police, mais aussi par des fonctionnaires de l’État dans des cortèges officiels. « De telles pratiques de la part d’agents de l’État sont inacceptables, car les occupants de ces véhicules (…) ne sont pas au-dessus de la loi », insiste M. Rémy Joseph, responsable de programme et chargé de communication du GMODDH.
Un exemple édifiant à Pétion-Ville
Dans sa correspondance, le GMODDH cite un incident survenu le 11 septembre 2025, à 7h45 du matin, sur la rue Panaméricaine à Pétion-Ville : deux Toyota Land Cruiser, l’un immatriculé BB XXXXX57 et l’autre SE XXXXXX98, circulaient à vive allure, vitres teintées, en bousculant les usagers de la route. « Ces véhicules, transportant des hommes armés, se permettaient de créer une voie supplémentaire pour échapper aux embouteillages, en toute aisance et impunité », s’indigne le GMODDH.
L’organisation rappelle que le décret de mai 2006 sur l’immatriculation et la circulation des véhicules encadre strictement l’utilisation des plaques officielles. Les articles 34, 36 et 37 sont ainsi ouvertement bafoués. Au-delà de l’illégalité, cette situation prive aussi l’État de recettes fiscales. « Le renouvellement de la plaque implique le paiement de droits et taxes. Si les propriétaires ne renouvellent pas leur plaque, l’État ne perçoit pas ces recettes, ce qui réduit les rentrées fiscales prévues dans le budget de la République », souligne M. Joseph.
Face à ces constats, le GMODDH demande au ministre de la Justice d’instruire la Police nationale pour freiner ces pratiques et rétablir l’ordre. « Nous en appelons à votre indulgence pour passer des instructions (…) afin de rétablir la normalité et de mettre fin aux frustrations vécues par les usagers de la route », plaide le responsable.
En mettant en lumière ces abus, l’organisation souhaite que l’État assume ses responsabilités et démontre que personne, fût-il fonctionnaire ou membre d’un cortège officiel, n’est au-dessus de la loi.
Wandy F. CHARLES
Vant Bef Info (VBI)
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