Nouvelle journée de mobilisation à Port-au-Prince : la population exige des actions contre l’insécurité

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La colère monte dans la capitale haïtienne. Des milliers de manifestants ont envahi les rues ce mercredi pour dénoncer l’insécurité grandissante et exiger des autorités une intervention immédiate. Barricades, banderoles et slogans ont marqué cette nouvelle journée de mobilisation, où les protestataires ont interpellé le Conseil présidentiel de Transition (CPT) et le Premier ministre Alix Didier Fil-Aimé. Leur principal cri d’alarme : empêcher le quartier stratégique de Canapé-Vert de tomber aux mains des gangs de la coalition « Viv Ansanm ».

Un pays au bord du gouffre
Port-au-Prince, le 2 avril 2025 – Depuis plusieurs mois, Haïti est plongée dans une spirale de violence, marquée par la montée en puissance des gangs armés et l’absence de réponse efficace de l’État. À bout de souffle, les habitants de plusieurs quartiers de la capitale se sont rassemblés en masse pour faire entendre leur détresse.
« Nous ne pouvons plus vivre ainsi ! Chaque jour, il y a de nouveaux morts, des enfants, des adultes… Tout le monde est concerné. Nous avons besoin de sécurité, nous avons besoin que l’État nous protège », s’indigne une manifestante, soulignant l’importance de Canapé-Vert comme bastion de la capitale.
Des revendications claires : des drones contre les gangs ?
Les protestataires réclament une réponse ferme face à l’anarchie grandissante : répression accrue contre les criminels, renforcement de la présence policière et recours à des drones explosifs kamikazes pour neutraliser les bandes armées qui terrorisent la population.
« Nous ne pouvons pas laisser notre quartier tomber, même si l’État semble prêt à le livrer. Nous ne sommes pas des bandits, nous refusons de vivre avec eux ! » lance un habitant de Canapé-Vert, présent sur les lieux. Installé dans le quartier depuis 38 ans, il accuse les autorités de complicité avec les criminels et dénonce un plan visant à livrer le pays aux gangs.
Tensions avec la police
La manifestation a dégénéré lorsque les forces de l’ordre ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogène, provoquant la colère des protestataires.
« Les policiers ont fait leur choix. Maintenant, c’est au peuple haïtien de décider de son avenir », fulmine un manifestant, dénonçant ce qu’il perçoit comme un manque de volonté des autorités à protéger la population.
Pour l’instant, la situation reste explosive. La population attend une réponse concrète du gouvernement. Faute de mesures immédiates, la colère risque d’enfler, et les mobilisations pourraient se multiplier dans un pays au bord de l’implosion.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)