Mariage Police-Population : une union étouffée par les gaz lacrymogènes

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Port-au-Prince, 2 avril 2025 – Depuis plusieurs années, les autorités haïtiennes prônent un rapprochement entre la Police nationale d’Haïti (PNH) et la population, mettant en avant l’importance d’un « mariage police-population » pour restaurer la confiance et renforcer la sécurité communautaire. Pourtant, cette ambition se heurte à une réalité contradictoire : l’usage excessif de gaz lacrymogènes lors des manifestations citoyennes, qui alimente un climat de méfiance et de frustration.

Une répression qui contredit le discours officiel

Qu’il s’agisse de revendications sociales, politiques ou économiques, la gestion des manifestations par la PNH se traduit fréquemment par une répression brutale. Des citoyens, souvent pacifiques, se retrouvent asphyxiés par des tirs de gaz lacrymogène, alors même que la police appelle à la coopération et au dialogue.

Ce paradoxe mine la crédibilité des forces de l’ordre. Comment demander à une population d’appuyer les efforts de sécurité alors qu’elle se sent menacée par ceux censés la protéger ?

Un outil de maintien de l’ordre devenu une arme d’intimidation

Conçu pour disperser les foules et limiter les affrontements, le gaz lacrymogène est aujourd’hui perçu comme un instrument de répression et d’intimidation en Haïti. Des témoignages font état de son utilisation dans des espaces clos, près d’écoles, de marchés ou d’hôpitaux, mettant en danger des enfants et des personnes vulnérables.

Plutôt que d’apaiser les tensions, ces pratiques exacerbent le mécontentement et renforcent l’hostilité envers la police.

Une fracture qui s’aggrave

L’abus de gaz lacrymogène creuse un fossé grandissant entre la PNH et les citoyens. Pour beaucoup, la police n’est plus une institution protectrice, mais une force répressive. Cette perte de confiance complique le travail des agents, qui peinent à obtenir la collaboration nécessaire pour lutter efficacement contre l’insécurité.

Un véritable rapprochement ne peut se construire dans la peur et la violence. Il exige une formation adaptée des policiers, une gestion des foules plus respectueuse et une approche axée sur le dialogue et la prévention, plutôt que sur une répression aveugle.

Un appel à la cohérence

Si les autorités veulent réellement sceller un mariage police-population, elles doivent abandonner ces méthodes contradictoires. La gestion des manifestations doit être repensée avec des stratégies moins agressives et plus adaptées au respect des droits fondamentaux.
La confiance ne se décrète, elle se construit par des actes concrets. Une police au service des citoyens et non contre eux est la seule voie possible pour un véritable rapprochement durable.

Vant Bèf Info (VBI)

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