L’insécurité étouffe l’éducation à Carrefour-Feuilles
Les balles sifflent, les écoles ferment, et l’éducation s’effondre. Le 19 février, des groupes armés ont semé la terreur à Carrefour-Feuilles, notamment dans les quartiers Miron et Morne Marie. Les tirs nourris ont contraint des dizaines de familles à fuir, laissant derrière elles des salles de classe désertes et des enfants privés de leur droit d’apprendre.

Port-au-Prince, le 20 février 2025 – “J’enseigne avec la peur au ventre. Chaque matin, je me demande si ce sera mon dernier jour”, confie Marie-Josée Mathieu, institutrice. Comme elle, de nombreux enseignants redoutent le trajet vers l’école. Les élèves, eux, jonglent entre devoirs et cauchemars. Christ-Mine Dorcy, 12 ans, raconte : “Quand j’entends un bruit fort, je pense que c’est une balle. Je n’arrive plus à me concentrer.”
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) alerte : près de 70 % des élèves des zones touchées par l’insécurité présentent des signes de stress post-traumatique. Résultat : des parents gardent leurs enfants à la maison, par crainte d’enlèvements ou de balles perdues.
Les enseignants, eux, désertent. En un an, plus de 3 000 d’entre eux ont quitté la capitale, selon le Ministère de l’Éducation Nationale. Wilson Théophin, ancien professeur de mathématiques, a préféré fuir : “Des hommes armés ont envahi mon école. J’ai choisi la vie.”
Pour Claude Jean-Baptiste, psychologue, l’avertissement est clair : “Un pays sans école est un pays sans avenir.” Alors que l’éducation vacille, des milliers d’enfants espèrent que leurs cahiers ne seront pas refermés à jamais.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
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