Le RNDDH alerte sur des violations des droits humains au CERMICOL

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation jugée critique au Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL), dans un rapport transmis à la presse ce lundi.

Port-au-Prince, 9 mars 2026.- L’organisation de défense des droits humains dénonce une surpopulation carcérale extrême et des conditions de détention préoccupantes au sein de cet établissement, initialement destiné à accueillir des mineurs en conflit avec la loi.

Selon le RNDDH, le centre avait été conçu pour recevoir environ 100 mineurs. Toutefois, en raison de la crise sécuritaire et de la dégradation du système pénitentiaire en Haïti, le CERMICOL est aujourd’hui utilisé pour détenir diverses catégories de personnes en conflit avec la justice.

L’organisation rappelle que cet établissement, situé dans le département de l’Ouest, faisait autrefois partie des structures de rééducation destinées à favoriser la réinsertion des mineurs. Il disposait notamment d’une bibliothèque et d’une salle de classe destinées à soutenir le processus éducatif des jeunes détenus.

Cependant, les données recueillies par le RNDDH indiquent que la population carcérale dépasse largement la capacité prévue. Le centre compterait actuellement près de 700 détenus, soit environ sept fois sa capacité initiale.

Selon le rapport, cette situation s’explique en partie par l’effondrement de plusieurs infrastructures pénitentiaires du pays, dont le Pénitencier national, ainsi que par la prise de contrôle de certains établissements par des groupes armés dans différentes zones du territoire.

Dans ce contexte, le CERMICOL est devenu l’un des rares centres de détention encore fonctionnels dans le département de l’Ouest, ce qui accentue la pression sur ses infrastructures.

Le RNDDH affirme que les détenus seraient entassés dans des espaces inadaptés, sans installations suffisantes pour garantir des conditions de vie conformes aux normes minimales de respect de la dignité humaine.

Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités haïtiennes à prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention et assurer le respect des droits fondamentaux des personnes incarcérées. Elle rappelle que la privation de liberté dans le cadre du système pénal ne doit pas entraîner la perte de la dignité ni des droits fondamentaux des détenus.

Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)


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