Le Conseil de sécurité de l’ONU bientôt appelé à statuer sur une force anti‑gang renforcée

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se prononcer ce mardi sur une proposition majeure : transformer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS) en une force plus offensive, chargée de briser l’emprise des gangs sur près de 85 % de Port‑au‑Prince.

New York, 30 septembre 2025. – Depuis 2023, la MMAS, sous commandement kényan, a été déployée pour épauler les forces de l’ordre haïtiennes, dépassées par l’ampleur des violences. Mais sous‑équipée, sous‑financée, et ne comptant qu’un millier d’agents sur les 2 500 prévus, la mission peine à inverser la tendance.

Sur la tribune onusienne, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint‑Cyr, a dressé un tableau sombre : « Chaque jour, des vies innocentes s’éteignent sous les balles, le feu, la peur. Des quartiers entiers disparaissent, forçant plus d’un million de personnes à l’exil intérieur et réduisant à néant souvenirs, investissements et infrastructures. » Il a exprimé son soutien aux États‑Unis et au Panama dans leur volonté de donner à la MMAS un mandat élargi. « Haïti aujourd’hui, c’est un Guernica contemporain, une tragédie humaine aux portes de l’Amérique », a‑t‑il ajouté.

La nouvelle mission envisagée, d’une durée d’un an, pourrait compter jusqu’à 5 500 personnels — policiers et militaires — et serait appuyée par un « bureau de soutien de l’ONU » pour assurer logistique et financement. Le mandat prévoirait d’« attaquer les gangs de manière proactive et restaurer la sécurité avec les outils appropriés », avait précisé Christopher Landau, secrétaire d’État américain adjoint, lors de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU.

Si certains pays comme la Chine et la Russie ont déjà exprimé leur scepticisme, conditionnant leur soutien à une transition politique en Haïti, Panama et Kenya plaident pour un renforcement de la mission. William Ruto, président du Kenya, a assuré : « Avec le personnel, les ressources et la logistique nécessaires, la sécurité d’Haïti peut être rétablie. Le Kenya ne quittera pas Haïti à la hâte. »

Ce vote du Conseil de sécurité pourrait marquer un tournant décisif dans la stratégie internationale contre les gangs, alors qu’Haïti demeure plongée dans une crise sécuritaire sans précédent.

Wilda DÉNESTANT
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.