Journée internationale des migrants: Défenseur Plus alerte sur la situation des déplacés internes
À l’occasion de la Journée internationale des migrants, le Collectif Défenseurs Plus attire l’attention des autorités haïtiennes sur une réalité souvent reléguée au second plan : celle des personnes déplacées internes, contraintes de fuir leur lieu de résidence en raison de la violence armée et de l’insécurité persistante.

Port-au-Prince, jeudi 18 décembre 2025.- Dans un rapport rendu public ce mercredi, intitulé “Les conditions de vie des personnes déplacées internes dans quatre camps de Delmas”, l’organisation de défense des droits humains dresse un tableau préoccupant de la situation humanitaire dans plusieurs sites d’hébergement de la zone métropolitaine.
L’enquête a été menée notamment dans les camps dits MSF, MAST, MTPTC et à l’École République de l’Équateur.
Selon le Collectif Défenseurs Plus, des familles entières vivent sous des abris de fortune, sans accès régulier à l’eau potable, à une alimentation suffisante ni à des soins de santé appropriés.
Une situation qui, estime l’organisation, constitue une violation manifeste des droits fondamentaux garantis par la Constitution haïtienne de 1987, notamment le droit à la vie, à la santé et à l’alimentation.
Cette alerte s’inscrit dans un contexte national marqué par une augmentation sans précédent des déplacements internes. D’après les estimations des agences humanitaires internationales, Haïti compte aujourd’hui plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur de ses frontières, un chiffre en constante progression depuis l’intensification des violences armées dans plusieurs quartiers de la capitale et dans certaines villes de province.
Le Collectif rappelle que, conformément aux Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement interne, l’État haïtien a l’obligation de protéger, d’assister et de garantir des conditions de vie dignes aux personnes déplacées.
Or, le rapport souligne que ces populations survivent essentiellement grâce à une aide humanitaire fragmentée, dans un contexte d’absence de réponse publique structurée et durable.
Au-delà de l’urgence humanitaire, l’organisation met en garde contre les conséquences sociales à long terme de cette crise. L’absence de services de santé et d’éducation dans les sites d’hébergement expose particulièrement les enfants déplacés à des risques accrus de déscolarisation, de maladies et de marginalisation durable.
En cette Journée internationale des migrants, le Collectif Défenseurs Plus appelle les autorités à reconnaître officiellement le statut de vulnérabilité des déplacés internes, à dépasser la logique de l’assistance ponctuelle et à mettre en œuvre de véritables politiques publiques de relogement et de réinsertion sociale.
Pour l’organisation, la migration forcée qu’elle soit interne ou transfrontalière, demeure le symptôme d’un dysfonctionnement profond de l’État. Elle exhorte la société civile et les partenaires internationaux à se saisir des conclusions de ce rapport afin de replacer la dignité humaine au cœur des priorités nationales.
Came Stefada Poulard
Vant Bèf Info (VBI)
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