Haïti : Plus de trois massacres en six mois, toujours pas de démission ni de révocation au CSPN

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Depuis plusieurs mois, Haïti sombre dans une spirale de violences sans précédent. Les massacres sont devenus une triste réalité quotidienne, illustrant l’impuissance voire la complaisance des autorités face aux gangs armés qui terrorisent la population. Pourtant, malgré l’horreur de ces crimes, aucune démission ni révocation au sein du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) n’ont été enregistrées, laissant planer de lourdes interrogations sur la volonté du pouvoir en place d’agir.

Le 3 octobre 2024 restera gravé dans la mémoire des habitants de Pont-Sondé comme un véritable cauchemar. Dans la nuit du 2 au 3 octobre, des hommes lourdement armés, affiliés au gang de Savien, ont lancé une attaque meurtrière sur la 5ᵉ section communale de Saint-Marc. Le bilan est effroyable : plus de 215 personnes massacrées et une cinquantaine de blessés. Selon des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont ouvert le feu sans distinction, semant la mort et la désolation dans cette communauté.

Quelques semaines plus tard, un nouveau carnage est perpétré, cette fois à Wharf Jérémie, un quartier défavorisé de Port-au-Prince. D’après un rapport conjoint du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), entre le 6 et le 11 décembre 2024, plus de 207 personnes ont été froidement exécutées par un gang local. Le rapport souligne que parmi les victimes figuraient 134 hommes et 73 femmes, dont plusieurs d’entre elles étaient accusées de pratiques de la sorcellerie et injustement rendues responsables de la maladie du fils d’un chef de gang.

L’année 2025 débute sur une note tout aussi tragique avec le massacre de Kenscoff, le 27 janvier. Une famille entière, les Joseph, a été exterminée par des hommes armés. Seul un survivant, absent au moment des faits, a pu constater l’horreur en découvrant les corps sans vie de ses proches, baignés dans leur sang. Ce drame marque une escalade dans la barbarie qui sévit à travers le pays.

Il convient de rappeler que plusieurs autres quartiers de Port-au-Prince, notamment Delmas 30 et Tabarre 27, ont également été le théâtre de massacres en février dernier, coûtant la vie à plusieurs dizaines de personnes. Pourtant, aucune action concrète n’a été entreprise pour contrer les gangs armés de la coalition « VIV Ansanm ».

Un silence complice des autorités ?

Face à cette série de massacres, l’inaction des autorités choque et indigne. Malgré les appels pressants de la société civile et des organisations internationales, aucun responsable du CSPN n’a été révoqué, et aucune démission n’a été enregistrée. Cette inertie renforce le sentiment que le pouvoir en place ferme les yeux sur ces atrocités, soit par incompétence, soit par intérêt politique.

Pendant ce temps, le peuple haïtien continue de vivre sous la menace constante des gangs armés, sans perspective de sécurité ni d’espoir de justice. Jusqu’à quand cette impunité scandaleuse perdurera-t-elle ?

Judelor Louis Charles
VANT BÈF INFO (VBI)

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