Haïti : l’opposition plurielle crie à l’échec du CPT mais rêve déjà du pouvoir

À moins de cinq mois de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’opposition dite « plurielle » multiplie les déclarations chocs. Mais derrière l’indignation affichée, beaucoup y voient surtout un calcul opportuniste qui risque de replonger le pays dans les erreurs du passé.

Réunis à Delmas, vendredi 19 septembre, plusieurs leaders de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils appellent « l’échec patent » du CPT. Certains ont même promis de « prendre leurs responsabilités », une formule ambiguë laissant planer l’ombre d’une mobilisation de rue, voire d’un recours à la force.

Cette rhétorique rappelle de sombres souvenirs : transitions chaotiques, ambitions démesurées, effondrement des institutions.

Des leçons oubliées

Paradoxalement, nombre de ceux qui dénoncent aujourd’hui le CPT sont d’anciens acteurs du système. Leur passé est marqué par l’absence de réformes, la défense de privilèges et le sabotage des dialogues nationaux.

Derrière l’indignation, beaucoup voient surtout une opposition divisée, sans vision claire et minée par ses propres contradictions.

Le spectre d’un coup de force

Plus troublantes encore sont les menaces voilées contre l’ordre institutionnel. M. Jeantel Joseph, figure de cette mouvance, a même lancé un appel à la jeunesse en invoquant l’exemple népalais. Mais ce discours séduit peu.

« Bourik ap sispann travay bay chwal galon », rétorque Edrice Luma, jeune militant social, dénonçant l’hypocrisie de ceux qui se prétendent porteurs de renouveau.

Le peuple oublié

Alors que la violence explose, que l’économie s’écroule et que des milliers de jeunes quittent Haïti, l’opposition semble davantage obsédée par ses calculs politiciens que par de vraies solutions.

Le peuple, pris en étau entre un CPT fragile et une opposition revancharde, risque encore de payer le prix fort.

Le pays n’a pas besoin d’un nouveau soulèvement maquillé en contestation citoyenne. Il lui faut des acteurs responsables, des projets solides et des résultats concrets.

Car pendant que les gangs gagnent du terrain et que plus d’un million de déplacés survivent dans la misère, une opposition sans feuille de route ne fait qu’aggraver la paralysie nationale.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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