Haïti : L’offensive des gangs armés pousse les forces de l’ordre à adopter une posture défensive

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Le pays fait face à une crise sécuritaire de plus en plus intense. Les gangs armés, qui étendent leurs tentacules dans plusieurs régions du pays, y compris la capitale Port-au-Prince et dans plusieurs départements comme l’Artibonite et le Centre, mènent une offensive sans relâche. Face à cette montée en puissance des groupes criminels, la Police nationale d’Haïti (PNH) adopte une posture défensive, coincée entre des ressources limitées et un environnement de plus en plus hostile sans toutefois attaquer les bandits armés dans leurs fiefs.

Port-au-Prince, le 3 avril 2025. Les gangs, notamment ceux de la coalition « Viv Ansanm », intensifient leurs attaques. Ces derniers mois, ils ont envahi plusieurs quartiers de la capitale et des zones périphériques. Leur emprise s’étend maintenant dans plusieurs régions dont le Plateau Central, où ils instaurent un climat de terreur marqué par des extorsions, des destructions et des meurtres.

Des quartiers populaires comme Cité Soleil, Martissant et Bel-Air, entres autres sont désormais complètement sous leur contrôle. D’autres zones connaissent une poussée inquiétante de l’influence criminelle. La population, constamment exposée aux affrontements armés, vit dans la peur.

La réponse de la PNH avec une posture défensive

Face à l’escalade de la violence, la PNH semble adopter une posture défensive, son efficacité étant limitée par un manque flagrant de ressources.

Non seulement la police haïtienne manque d’effectifs, mais elle se ne dispose pas suffisamment de matériels essentiels comme des véhicules blindés, des armes sophistiquées et des munitions adaptées à la lutte contre des gangs de plus en plus organisés.

Le défi est d’autant plus grand que la PNH doit concilier son rôle de maintien de l’ordre avec la gestion des conséquences d’une crise socio-économique et politique qui frappe le pays de plein fouet. En conséquence, les policiers sont confrontés à un dilemme, protéger la population, tout en évitant de lourdes pertes humaines face à des groupes qui utilisent des tactiques de guérilla.

Des interventions sporadiques ont été menées pour reconquérir certains territoires, mais elles ont souvent échoué ou n’ont pas su s’inscrire dans la durée dans les zones en conflit. Les gangs se replient dans des quartiers difficiles d’accès, rendant toute action de la PNH encore plus complexe.

La situation actuelle exige une approche globale, alliant réponses sécuritaires, soutien social et réformes politiques. L’offensive des gangs et la posture défensive de la PNH soulignent la gravité de la crise en Haïti. Alors que les gangs étendent leur influence, la police, bien que engagée, reste dépassée. Les ressources de l’État sont mises à rude épreuve, et le pays risque de sombrer dans un cycle de violence incontrôlable si des mesures concrètes et immédiates ne sont pas prises.

Mederson Alcindor

Vant Bèf Info (VBI)

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