Haïti : l’insécurité plonge le pays dans une crise humanitaire sans précédent
La crise qui secoue Haïti depuis près d’une décennie a provoqué une situation humanitaire dramatique. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées et 5,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire.

Enfants et femmes en première ligne
Port-au-Prince, le 16 septembre 2025.- Les enfants figurent parmi les plus vulnérables. En 2024, l’UNICEF et ses partenaires n’ont pu traiter que 4 600 cas de malnutrition aiguë sévère, soit à peine 3,6 % des 129 000 enfants nécessitant une prise en charge. La montée des violences sexuelles dans les quartiers sous contrôle des gangs frappe particulièrement les femmes et les filles, aggravant une situation de vulnérabilité chronique. La pauvreté extrême pousse également des mineurs à rejoindre des groupes armés, où ils sont exploités et abusés.
Santé et services de base effondrés
L’effondrement du système sanitaire accentue la crise. Le ministère de la Santé publique a recensé 87 382 cas suspects de choléra et 1 306 décès depuis octobre 2022. Près de 20 % des centres de santé sont fermés et plus de 40 000 professionnels ont quitté le pays. Fin novembre 2024, Médecins Sans Frontières (MSF) a suspendu ses activités à Port-au-Prince, dénonçant des attaques contre ses ambulances et son personnel. À cela s’ajoutent des carences structurelles : seulement 40 % de la population a accès à l’électricité et près de la moitié demeure privée d’eau potable.
Éducation paralysée
La crise sécuritaire a lourdement affecté le droit à l’éducation. Haïti compte environ 3,9 millions d’enfants en âge scolaire, mais près de 1 000 établissements publics et privés ont dû fermer leurs portes dans l’Ouest et l’Artibonite au cours de l’année 2023-2024, privant environ 300 000 élèves de leur droit à apprendre. L’analphabétisme touche toujours près de la moitié des adultes haïtiens.
Une crise qui s’aggrave
Les attaques de gangs, les déplacements massifs et l’isolement de la capitale aggravent une situation déjà explosive. « Nous n’avons jamais observé autant de personnes déplacées en si peu de temps », a déclaré Grégoire Goodstein, responsable de l’OIM en Haïti. Le nombre de déplacés internes a triplé en un an, dépassant désormais le million. L’aéroport de Port-au-Prince reste fermé, et la capitale, assiégée, est privée de ses voies vitales de communication.
Face à cette crise multidimensionnelle, la communauté internationale s’alarme, mais les besoins humanitaires dépassent largement les ressources disponibles. Pour de nombreux Haïtiens, l’avenir semble chaque jour plus incertain.
Wilda DÉNESTANT
Vant Bèf Info (VBI)
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