Haïti : Enfances violées, avenirs brisés – la tragédie ignorée des déplacés internes

Fuir la guerre pour tomber dans l’enfer. Tel est le quotidien de milliers de déplacés internes en Haïti, notamment à Solino, Carrefour Aéroport, et Nazon. Réfugiés dans des lieux supposés sûrs – Lycée Jean-Marie Vincent, OPC, École Caroline Chauveau – beaucoup y subissent une autre forme de violence, plus sourde, mais tout aussi destructrice : les violences sexuelles.

Port-au-Prince, 12 septembre 2025 – 

Dans ces camps de fortune, l’insécurité ne s’est pas tue. À l’abri des regards, près des latrines ou des réservoirs d’eau, des femmes et fillettes sont agressées. Le silence, la peur et la honte étouffent leur parole. Pour les plus jeunes, ces violences marquent leur chair et leur esprit : troubles du sommeil, mutisme, anxiété chronique, voire dépression sévère. Certaines ont été exposées à des infections graves, dont le VIH, sans accès adéquat aux soins.

Un État absent, une loi sans effet

 L’article 298 du Code pénal haïtien punit le viol. Mais sur le terrain, la loi reste lettre morte. L’État, lui, est invisible. Aucun cadre de protection, peu de présence policière, encore moins de réponse judiciaire. À l’international, des textes comme le Statut de Rome ou la Convention relative aux droits de l’enfant condamnent ces actes, mais leur application en Haïti est inexistante.

L’impunité comme système

Le drame vécu par les enfants violées à Bourdon n’est pas un cas isolé. Il reflète un système en faillite, où la société détourne le regard, où les institutions démissionnent. Les victimes accumulent douleurs, maladies, stigmatisation. Et la nation se tait.

Tant que l’indifférence et l’impunité domineront, ces tragédies continueront de se répéter. Il ne s’agit pas seulement de restaurer l’image d’un État, mais de sauver ce qui reste d’humanité.

Vant Bèf Info (VBI)


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