Haiti–Crise : L’UEH exprime ses réserves sur l’avant-projet de révision constitutionnelle
L’Université d’État d’Haïti (UEH), par le biais d’une note rendue publique par son Conseil, s’est prononcée sur l’avant-projet de révision de la Constitution actuellement en circulation. Dans ce document, l’institution exprime ses inquiétudes et remet en question la légitimité du processus engagé.

Port-au-Prince, 28 juin 2025 —
Datée du 27 juin, la note du Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH) indique qu’il a pris acte de la diffusion, par le Comité de pilotage, de l’avant-projet de réforme constitutionnelle, censé recueillir l’avis de la population. Toutefois, l’UEH déplore que cette étape ait été franchie sans la tenue préalable de la Conférence nationale, pourtant prévue pour rassembler les divers secteurs de la vie nationale autour de l’élaboration collective d’un nouveau projet de société.
Le Conseil rappelle que l’accord du 3 avril 2024, ayant instauré le Conseil présidentiel de transition, ainsi que le décret du 17 juillet 2024, encadraient de manière explicite le processus de réforme. Ces textes prévoyaient une large consultation nationale avant toute entreprise de révision constitutionnelle. Le non-respect de ces étapes, souligne l’UEH, compromet la validité du processus en cours.
Un autre point de préoccupation porte sur le rôle jugé excessif du Comité de pilotage. D’après le CUEH, ce comité se serait arrogé des pouvoirs qui relèvent normalement d’une assemblée constituante souveraine, en soumettant un avant-projet de Constitution sans mandat clair ni large consensus national.
Malgré ces critiques, l’Université d’État d’Haïti réaffirme son engagement à contribuer à la sortie de crise que traverse le pays, notamment en prenant part au débat autour de la Constitution, dans le strict respect des principes démocratiques. Elle se dit également préoccupée par l’insécurité persistante et ses conséquences sur la population, mais tient à rappeler qu’une réforme de cette ampleur ne peut se fonder que sur une légitimité claire, partagée et inclusive.
En guise de conclusion, l’UEH appelle au respect rigoureux des cadres définis par les accords de transition, et insiste sur la nécessité d’un véritable dialogue national pour garantir la stabilité et l’avenir du pays.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est un organe illégitime, sans mandat démocratique, imposé au peuple haïtien sans son consentement. Ce groupe ne représente ni la volonté populaire ni les intérêts souverains d’Haïti. En conséquence, le CPT n’a absolument aucune légitimité ni autorité constitutionnelle pour proposer ou imposer une révision de la Constitution.
L’avant-projet de Constitution soumis par ce CPT est non seulement anticonstitutionnel dans sa genèse, mais surtout profondément dangereux pour l’avenir de notre pays. L’article 32-1, en particulier, est un instrument de contrôle antidémocratique destiné à restreindre drastiquement l’accès aux postes électifs. En exigeant que les parrainages proviennent principalement d’élus, de hauts fonctionnaires, et de certaines catégories de la société choisies arbitrairement, cet article ferme la porte à la participation populaire et favorise une oligarchie corrompue.
Cette réforme n’est pas une simple erreur politique ou un débat constitutionnel : c’est un acte de trahison contre la souveraineté nationale et la démocratie haïtienne. Elle vise à consolider le pouvoir entre les mains d’une élite liée à des intérêts étrangers et à empêcher le peuple de reprendre véritablement son destin en main.
Nous appelons tous les patriotes haïtiens à rejeter catégoriquement cette mascarade. Il est urgent de dissoudre le CPT illégitime et d’initier un véritable processus de refondation démocratique, dirigé par des représentants élus directement par le peuple, avec une participation populaire large, transparente et souveraine.
Le peuple haïtien mérite une Constitution digne de sa lutte, pas un texte conçu pour perpétuer la servitude et la corruption.