Haïti – Crise : l’Alliance Nationale de Rupture critique le CPT et propose un triumvirat à la tête de l’État
L’Alliance Nationale de Rupture (ANR), regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile, a vivement critiqué la gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT) et proposé la mise en place d’un conseil exécutif à trois membres pour diriger le pays. Cette position a été exprimée lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi à Delmas 56.

Port-au-Prince, 19 décembre 2025 —
Estimant que le mandat du CPT, qui arrive bientôt à son terme, n’a pas permis de répondre aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté, l’ANR a appelé à une nouvelle transition comme voie de sortie de crise.

Dans un communiqué publié le même jour, le regroupement politique a dénoncé ce qu’il qualifie de comportement « impassible » et d’incapacité des conseillers-présidents à proposer et à mettre en œuvre des solutions concrètes face à l’aggravation de la crise sécuritaire et socio-économique. Selon l’ANR, la population haïtienne continue de payer le prix d’une gouvernance défaillante et de la mauvaise foi persistante des autorités en place.

« Le Conseil présidentiel de transition a manqué à sa mission fondamentale : protéger les citoyens et préparer un véritable processus électoral », a déclaré Junior Moschito Rémy, secrétaire exécutif de l’ANR.
Pour sortir de l’impasse, l’Alliance propose l’instauration d’un conseil de transition composé de trois membres : un représentant du pouvoir judiciaire, une personnalité reconnue de la société civile et un dirigeant politique non signataire de l’accord du 3 avril. Ce triumvirat serait chargé de conduire une transition allant du 7 février 2026 au 18 mai 2027, avec pour objectif de préparer un redressement national jugé rapide et efficace.
Rappelant que le CPT disposait d’un mandat de deux ans pour stabiliser le pays après le départ forcé de l’ancien Premier ministre Ariel Henry, l’ANR souligne qu’à moins d’un mois de la fin de cette échéance, l’insécurité généralisée continue de faire des victimes, la faim touche un nombre croissant de familles et l’accès aux services publics demeure fortement perturbé dans de nombreuses zones contrôlées par des groupes armés.
Le mouvement politique insiste également sur la nécessité d’un leadership capable de reconnecter l’État aux besoins réels de la population, au-delà des discours et des actions symboliques. Il met en garde contre les risques d’un immobilisme prolongé et appelle les communautés nationale et internationale à soutenir toute initiative visant à instaurer une gouvernance transparente et efficace.
Bien que le CPT ait réaffirmé son intention de quitter le pouvoir à l’expiration de son mandat, le 7 février 2026, plusieurs organisations nationales disent se réserver le droit de proposer des alternatives pour conduire le pays vers une nouvelle transition. Une perspective qui, selon certains observateurs, soulève des interrogations quant à l’issue du processus électoral engagé et à la réelle volonté des acteurs politiques de rompre avec les pratiques du passé.
Dans un contexte où la population haïtienne continue de vivre dans une précarité extrême et dans un climat d’insécurité persistante, la question des motivations profondes de ces initiatives politiques demeure posée : s’agit-il d’une réelle volonté de sortir le pays de la crise ou d’une tentative de recomposition du système au profit de nouveaux acteurs ?
Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)
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