Haïti : Antoine Wisner Charles défend la méritocratie prônée par Fritz Jean, mais les doutes persistent

Depuis son entrée en fonction à la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’économiste Fritz Alphonse Jean s’est engagé sur la voie d’une refondation de l’État haïtien fondée sur la compétence, la transparence et l’inclusion. Une vision ambitieuse soutenue notamment par Antoine Wisner Charles, qui s’est confié à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI ). Il est un proche collaborateur du coordonnateur du CPT. Mais cette orientation soulève déjà des interrogations au sein de la sphère politique.

Delmas, 25 juin 2025 –

Fritz Jean appelle à une gouvernance de rupture. Il entend transformer l’administration publique en un espace méritocratique, rompant avec les logiques de clientélisme. À ses yeux, les postes de responsabilité doivent revenir à des citoyens compétents, formés et intègres. Il rejette fermement les nominations politiques sans évaluation préalable.

Antoine Wisner Charles défend avec vigueur cette ligne. Selon lui, seule une gestion honnête et rigoureuse permettra de sortir le pays de l’impasse. Il milite pour une évaluation systématique des hauts fonctionnaires sur la base de contrats de performance, et plaide pour une rupture nette avec les pratiques partisanes.

Le projet porté par Fritz Jean prévoit également une décentralisation effective, avec des moyens accrus pour les collectivités territoriales. Il insiste sur l’importance de la participation de la diaspora, des jeunes, des femmes et du monde universitaire dans le processus de reconstruction nationale.

Mais sur le terrain politique, les obstacles sont nombreux. Des observateurs avertis pointent les résistances internes au sein même du CPT, freinant l’application d’un tel modèle. Certains doutent de la capacité du coordonnateur à imposer sa ligne face aux groupes d’influence traditionnels, encore attachés à une répartition politique des postes.

Dans ce contexte tendu, le pari de la méritocratie divise. Tandis que des secteurs de la société civile saluent l’initiative, plusieurs membres du CPT se montrent réticents, voire hostiles, à ce changement de paradigme. L’issue de cette lutte interne pourrait bien conditionner la réussite ou l’échec du processus de transition.

Malgré les critiques, Fritz Alphonse Jean reste ferme sur ses objectifs. Son entourage affirme croire en sa vision d’un État renouvelé, centré sur la compétence et l’intérêt général. Reste à voir si cette ambition pourra résister aux dynamiques profondément enracinées du système politique haïtien.

Jean Allens Macajoux

Vant Bèf Info (VBI)


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