Et si Dessalines revenait ?
Haïti vit sous tension. Pas seulement sous celle des balles, des gangs, de la faim et du chaos, mais sous une échéance morale que le pays effleure sans cesse sans jamais l’assumer pleinement. Le peuple attend. Le peuple endure. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’où ?

Port-au-Prince, 7 septembre 2025. – Jean-Jacques Dessalines n’était pas seulement le libérateur de 1804. Il fut aussi un bâtisseur, un visionnaire. Son projet allait au-delà de l’indépendance : il rêvait d’un État fort et souverain, où le peuple noir serait maître chez lui, où la justice sociale primerait sur les privilèges. Il a posé les fondations d’une république égalitaire, fière et intransigeante face à l’oppression.
Deux siècles plus tard, l’héritage s’effrite. L’État apparaît fragile, éclaté, parfois complice de ce qui détruit le pays. Les ennemis d’Haïti ne sont plus des colons venus de loin, mais des systèmes internes : corruption, injustice, indifférence. Là où Dessalines parlait de dignité, le pouvoir actuel se tait. Là où il traçait une route, la nation navigue sans boussole.
Dessalines n’est pas seulement un nom de place publique ou de lycée à l’abandon. Il doit redevenir une exigence, un appel. Le pays est en sursis : dans les ruelles de Carrefour, les camps de déplacés, les écoles fermées, les hôpitaux vides. Le temps presse.
Il est temps qu’un nouveau Dessalines naisse en chacun. Non pas avec des armes, mais avec des actes. Car si cette échéance est encore manquée, ce n’est pas seulement une opportunité qui disparaîtra, c’est Haïti elle-même.
Sarah-Lys Jules
Vant Bèf Info (VBI)
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