Des utilisateurs de Moncash et Natcash dénoncent des retraits conditionnés à des achats forcés
Dans plusieurs communes du pays, des usagers accusent des agents Moncash et Natcash d’imposer l’achat obligatoire de marchandises avant tout retrait. Une pratique signalée à Jérémie, Petit-Goâve, Léogâne, Gressier, Carrefour et dans certaines zones de l’Artibonite. Les victimes dénoncent un abus systématique et appellent les compagnies et les autorités à intervenir.

Port-au-Prince, 30 novembre 2025.-
Depuis plusieurs semaines, des utilisateurs affirment être contraints d’acheter des produits — boissons gazeuses, denrées alimentaires ou divers articles — pour pouvoir retirer leur argent via Moncash ou Natcash. Ces agents invoqueraient un manque de liquidités ou des « frais internes » pour justifier cette condition, que les clients qualifient d’illégale et abusive.
Des témoignages récurrents
À Jérémie, une utilisatrice rapporte avoir été forcée d’acheter pour 1 000 gourdes de boissons afin d’obtenir son retrait. « On m’a dit que sans cet achat, je ne pouvais rien recevoir », explique-t-elle. Après plusieurs refus essuyés dans d’autres points, elle dit avoir fini par céder.
À Chambellan, Petit-Goâve, Léogâne, Carrefour ou Gressier, les témoignages décrivent la même situation : des agents qui imposent l’achat de marchandises pour autoriser une transaction financière. Un autre usager, en déplacement à Petit-Goâve après le passage de l’ouragan Mélissa, affirme avoir dû acheter pour 500 gourdes d’articles avant de toucher ses 12 000 gourdes.
Une pratique contraire aux règles internes
Un agent, souhaitant garder l’anonymat, confirme que ces pratiques « nuisent gravement à la crédibilité des services ». Selon lui, les agents perçoivent une commission sur chaque transaction, mais celle-ci reste « insignifiante » comparée aux frais perçus par la compagnie. « Aucun règlement n’autorise la vente obligatoire de produits », insiste-t-il.
Les victimes réclament une intervention des compagnies et de l’État
De nombreux usagers appellent Digicel et Natcom à rappeler officiellement les règles à leurs agents et à sanctionner les points impliqués dans ces dérives. Ils sollicitent aussi une intervention de l’État, notamment du CONATEL, pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une violation manifeste des droits des consommateurs.
« On ne peut pas accepter qu’un service financier essentiel soit utilisé pour forcer les gens à acheter des produits », proteste un client contacté par VBI.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
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