Des messages attribués aux ambassadeurs du Canada et des États-Unis soulèvent des accusations d’ingérence diplomatique
Des messages attribués aux ambassadeurs du Canada et des États-Unis, rendus publics par le conseiller-président Fritz Alphonse Jean, font état de pressions diplomatiques exercées sur lui pour qu’il renonce à toute initiative visant à remplacer le Premier ministre. Le conseiller affirme avoir été sanctionné lundi par le département d’État américain après avoir refusé de se plier à ces injonctions.

Port-au-Prince, le 26 novembre 2025. – Selon les documents présentés par le bureau de M. Jean, un premier message, attribué à l’ambassadeur du Canada, André François Giroux, lui aurait demandé d’abandonner toute démarche de remplacement du chef du gouvernement, tout en évoquant « le mécanisme de sanctions canadiennes ». M. Jean indique avoir répondu en évoquant une possible usurpation du compte WhatsApp du diplomate.
Un second message, attribué à l’ambassadeur américain Henry T. Wooster, aurait formulé un avertissement plus explicite, l’enjoignant de renoncer « avec la plus grande fermeté » à toute initiative de destitution du Premier ministre, sous peine de conséquences sur ses relations personnelles et familiales avec les États-Unis. Dans sa réponse, le conseiller-président affirme que le maintien actuel du leadership ne permettrait pas d’atteindre la stabilité recherchée.
Un possible conflit avec la Convention de Vienne
Ces échanges, s’ils sont authentiques, posent la question du respect de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques. Son article 41 stipule que « les agents diplomatiques ont le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de l’État accréditaire ». Les observateurs estiment que toute pression visant à orienter une décision politique interne, notamment la nomination ou la révocation d’un Premier ministre, contrevient à ce principe.
Interrogés sur la portée de ces messages, plusieurs spécialistes rappellent que la Convention de Vienne offre aux États hôtes différents moyens de réaction en cas d’ingérence. Le professeur et diplomate Jackson Amilcar souligne la possibilité de déclarer un ambassadeur persona non grata. Le ministère des Affaires étrangères peut également exiger des explications ou présenter une protestation formelle.
Pour la professeure Sterline Civil, les faits allégués constituent « une ingérence inadmissible ». D’autres analystes y voient une atteinte à la souveraineté haïtienne et rappellent que la fixation de la politique interne relève exclusivement des autorités nationales.
Les ambassades concernées n’ont pas encore réagi publiquement aux informations rendues publiques par le conseiller-président.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
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