Des écoles tentent l’enseignement en ligne malgré l’absence d’électricité et un accès limité à Internet

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En pleine crise politique et sécuritaire, le système éducatif haïtien est en péril. L’insécurité croissante et l’effondrement des infrastructures ont contraint de nombreuses écoles et universités à fermer leurs portes. Pour maintenir un semblant de continuité pédagogique, certaines institutions ont opté pour l’enseignement en ligne. Mais entre coupures d’électricité, connexion Internet instable et coût élevé du matériel numérique, cette alternative reste un défi de taille.

Un enseignement en ligne entravé par les réalités du terrain

Port-au-Prince, 2 avril 2025 – Moins de 40 % des Haïtiens ont un accès régulier à l’électricité, un chiffre qui chute drastiquement en milieu rural. À Port-au-Prince, les coupures sont fréquentes, forçant les familles à recourir à des groupes électrogènes ou à des panneaux solaires, des solutions souvent inabordables.

L’accès à Internet, indispensable pour l’apprentissage à distance, est tout aussi problématique. Selon l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), seul 32 % de la population dispose d’une connexion, majoritairement via des réseaux mobiles dont la fiabilité varie selon la zone géographique.

Un système éducatif en crise

L’insécurité grandissante a conduit à la fermeture de plus de 200 écoles, selon un rapport du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Certains établissements tentent de poursuivre les cours en ligne, mais sans infrastructures adaptées, le défi est immense.

L’Université d’État d’Haïti (UEH), principale institution publique du pays, est également touchée. Plusieurs de ses facultés, dont la FASCH, la FE, l’INAGHEI ou encore la FMP, ont été désertées par les étudiants et les enseignants. Si certaines universités privées tentent de maintenir des cours à distance, elles se heurtent aux mêmes contraintes.

Des étudiants et enseignants en détresse

« Nous recevons parfois des cours par WhatsApp ou e-mail, mais avec les coupures de courant et Internet instable, beaucoup finissent par abandonner », témoigne Ricardo, étudiant en droit à l’UEH.

Une enseignante du secondaire à Port-au-Prince partage son inquiétude : « Nous essayons d’utiliser Zoom, mais tous les élèves n’ont pas de smartphone ou d’ordinateur. Parfois, seuls quelques-uns peuvent suivre les cours. »

Face à cette situation, la survie du système éducatif dépend d’une stabilisation du pays, d’un renforcement des infrastructures et d’une meilleure accessibilité aux outils numériques. En attendant, élèves et étudiants doivent redoubler d’ingéniosité pour continuer à apprendre dans des conditions précaires.

Floriane DORVAL
Vant Bèf Info (VBI)

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