Départ discret des policiers kenyans d’Haïti : entre transition stratégique et déception populaire
Un contingent de 215 policiers kenyans a quitté Haïti le mardi 18 mars 2026 pour regagner Nairobi, marquant une nouvelle étape dans la mission internationale appuyée par l’Organisation des Nations unies visant à rétablir la sécurité dans le pays.
Arrivés dans un contexte de crise sécuritaire aiguë, marqué par la montée en puissance des gangs armés, les policiers kenyans avaient suscité de grands espoirs au sein de la population haïtienne. Leur déploiement avait été largement médiatisé et perçu comme un tournant potentiel dans la lutte contre l’insécurité.
Cependant, leur départ s’effectue dans une relative discrétion, contrastant avec l’attention qui avait entouré leur arrivée.

Port au Prince, le 19 mars 2026-
Selon Jack Oumbaka, porte-parole du contingent kényan, ce retrait s’inscrit dans un processus de réorganisation plutôt que dans une fin de mission. « Le Kenya est en train de réduire le nombre de ses troupes afin de préparer l’arrivée d’un plus grand nombre de personnels du GSF.
Ce processus vise à assurer une transition harmonieuse, alors que nous travaillons à atteindre un effectif cible de 5 500 hommes », a-t-il déclaré.
Cette annonce laisse entendre que la mission internationale entre dans une nouvelle phase, avec l’objectif d’un renforcement progressif des effectifs. Toutefois, sur le terrain, les résultats obtenus jusqu’à présent peinent à convaincre une partie de l’opinion publique.
En effet, malgré leur présence, les gangs continuent de contrôler plusieurs zones stratégiques, et les avancées en matière de sécurité restent limitées. De nombreux citoyens espéraient une intervention plus rapide et plus décisive, capable de démanteler les réseaux criminels et de permettre la reprise des territoires perdus.
Ce décalage entre les attentes et les résultats alimente aujourd’hui un sentiment de frustration, voire de désillusion, dans certains secteurs de la société haïtienne.
Néanmoins, des observateurs soulignent que la complexité de la crise sécuritaire en Haïti, combinée à des moyens initiaux limités, rendait difficile toute action immédiate d’envergure. La réussite de la mission dépendra en grande partie du renforcement des effectifs, de la coordination avec les forces locales et de l’engagement durable de la communauté internationale.
Ainsi, plus qu’un échec définitif, le départ de ce contingent kényan pourrait marquer une phase de transition déterminante dans la mise en œuvre d’une stratégie sécuritaire à plus long terme. Mais le doute persiste au sein de la population .
Uguenson Auguste
Vant Bèf info (VBI)
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