Choléra à Port-au-Prince : résurgence alarmante, riposte encore limitée

La menace du choléra refait surface dans la capitale haïtienne. Des cas suspects ont été signalés dans plusieurs zones, notamment à Delmas, Pétion-Ville et dans les camps de déplacés, poussant les autorités sanitaires à réagir dans un climat d’insécurité généralisée.

Delmas, 5 octobre 2025

Une recrudescence confirmée
Médecins Sans Frontières (MSF) indique avoir pris en charge plus de 200 personnes présentant des symptômes de diarrhée sévère, un signe clinique du choléra, au cours des derniers jours. L’organisation humanitaire a déjà mobilisé plus de 300 lits dans ses structures à Port-au-Prince et prévoit l’ouverture d’un nouveau centre de traitement de 320 lits dans le quartier de Sarthe.

Face à cette montée inquiétante des cas, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a convoqué une réunion d’urgence avec les directions centrales et départementales de l’Ouest. Parmi les mesures annoncées figurent :

Le lancement de campagnes d’hygiène

L’installation de points d’eau chlorée

La réactivation des Centres de Traitement des Diarrhées Aiguës (CTDA)

Le renforcement de la surveillance épidémiologique

 Une riposte entravée par l’insécurité

Dans les quartiers les plus vulnérables, l’insécurité complique l’intervention des équipes sanitaires. À Cité Soleil, plus de 100 cas suspects ont été recensés récemment, mais les opérations de réponse sont ralenties par les conditions sécuritaires précaires. Les camps de déplacés, souvent surpeuplés et mal assainis, constituent des foyers à haut risque pour la propagation de l’épidémie.

 Une aggravation à craindre

La situation se développe dans un contexte particulièrement fragile : infrastructures sanitaires insuffisantes, accès limité à l’eau potable, manque de ressources pour l’hygiène, et forte vulnérabilité des populations déplacées. Si les mesures ne sont pas intensifiées rapidement, l’épidémie pourrait s’étendre davantage dans la capitale, avec des conséquences graves pour les communautés les plus exposées.

Il est à rappeler qu’une  étude de la prestigieuse université américaine Yale avait  confirmé la responsabilité de casques bleus népalais dans l’épidémie de choléra en Haïti en 2010, et estime à ce titre que l’ONU a le devoir d’examiner les demandes d’indemnisation des victimes.

Sarah-Lys Jules
Vant Bef Info (VBI)


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