Bas-Artibonite : le GADH alerte sur une spirale meurtrière des gangs armés
Le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) tire la sonnette d’alarme sur la recrudescence des violences armées dans le Bas-Artibonite, théâtre d’affrontements sanglants entre gangs rivaux. Dans un rapport publié le 16 juin, l’organisation documente deux attaques majeures survenues en mai 2025, ayant fait au moins 44 morts, et dénonce l’inaction des autorités face à l’effondrement sécuritaire dans la région.

Saint-Marc, 18 juin 2025 — Le 20 mai, à Préval, 38 personnes ont été tuées lors d’une attaque menée par des hommes armés du gang dirigé par “Ti Mepri”, en représailles à la mort d’un de leurs membres, tué par des rivaux du gang Savien. Le GADH décrit une scène d’horreur : civils exécutés, maisons incendiées, église Maranatha attaquée, où le pasteur Jacques Brutus et 14 fidèles ont été froidement abattus. Plusieurs corps ont été retrouvés dans la rivière voisine, témoignant de la violence extrême de l’assaut.
Quelques jours plus tard, le 26 mai, la localité de Jean-Denis a été la cible d’une contre-offensive attribuée au gang Gran Grif de Savien. L’attaque a fait 6 morts et 8 blessés, détruit plusieurs habitations et commerces, et profané une église où des habitants avaient trouvé refuge.
Le GADH dénonce une guerre ouverte entre bandes armées, alimentée par des complicités présumées au sein de l’État et un désengagement total des forces de l’ordre. Ni la police ni l’armée n’ont été déployées pour sécuriser les zones concernées, laissant les civils sans défense.
Face à cette situation alarmante, l’organisation appelle à une intervention urgente, impartiale et coordonnée des forces de sécurité, ainsi qu’à l’ouverture d’enquêtes sur les liens suspects entre représentants de l’État et groupes armés. Elle recommande aussi l’instauration d’un dialogue communautaire, et une assistance humanitaire et psychosociale pour les victimes.
Dans ses conclusions, le GADH met en garde contre le risque de transformation du Bas-Artibonite en zone de guerre permanente, où la population civile paie le prix fort de l’impunité et de l’abandon institutionnel.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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