Grand Sud : la France accompagne deux organisations haïtiennes dans la défense des droits des femmes

Le Bureau des droits humains en Haïti (BDHH) et l’Organisation pour le développement intégral des femmes de Duchity (ODIFED) bénéficient du soutien financier de l’ambassade de France en Haiti. À travers le Fonds Équipe France (FEF), ces deux organisations accompagnent les femmes et les filles victimes de violences dans le Grand Sud. Elles leur proposent notamment un soutien juridique et mènent des activités de sensibilisation auprès des communautés.

Les Cayes, le 30 octobre 2026.-

À Duchity, dans la cinquième section communale de Pestel, l’ODIFED fait face à de nombreuses situations de violences physiques et sexuelles. Sa coordinatrice, Ertha Papillon, évoque une réalité particulièrement préoccupante.

« En seulement une semaine, nous avions l’habitude de recevoir huit femmes et filles victimes de viols à Duchity », rapporte-t-elle.

L’organisation a lancé son projet le 6 mars 2026, en présence des autorités policières et judiciaires de la Grand’Anse. Près d’une dizaine de femmes et de filles victimes de violences avaient alors été accueillies.

Avec une équipe composée de plus d’une dizaine de femmes et d’un homme, Ertha Papillon entend renforcer l’accompagnement des victimes. Elle souligne que le financement français permet à l’organisation de poursuivre ses interventions dans la communauté.

Le BDHH accompagne les victimes devant la justice

Aux Cayes, le Bureau des droits humains en Haïti (BDHH) assure gratuitement la défense juridique des victimes. L’organisation les accompagne dans leurs démarches et les représente devant les tribunaux.

Me Asna Noël, avocate et responsable du pôle Violences basées sur le genre (VBG), indique que le BDHH reçoit en moyenne trois victimes par jour. Les dossiers concernent principalement des femmes et des filles victimes de violences conjugales ou de viols.

L’organisation prend également en charge des situations d’abandon économique. « Ce sont des femmes abandonnées par leur conjoint avec des enfants, alors que ces derniers refusent catégoriquement de prendre soin d’eux », explique l’avocate.

Parmi les bénéficiaires figure Claudia, qui attend justice pour sa fille de six ans, victime d’un viol en 2025.

« Cela constitue un choc pour moi et pour ma famille. Ma fille est traumatisée. Grâce à l’équipe du BDHH, j’espère obtenir justice pour elle et laver son honneur », témoigne-t-elle.

Sa fille bénéficie d’un accompagnement juridique assuré par l’organisation devant un tribunal.

800 000 euros pour 28 organisations haïtiennes

Le financement du BDHH et de l’ODIFED s’inscrit dans la diplomatie féministe de la France. Pour la période 2025-2026, l’ambassade de France en Haïti a consacré 800 000 euros au soutien de 28 organisations de la société civile. Celles-ci interviennent dans neuf des dix départements du pays.

Pour l’ambassadeur de France en Haïti, Gautier Lekens, le travail de ces structures est essentiel à la défense des droits des femmes.

« Par leur présence au plus près des communautés, elles contribuent à faire progresser les droits des femmes. La France soutient ces acteurs locaux et leur capacité à mener des actions concrètes, adaptées aux besoins des populations », souligne-t-il.

À travers ces financements, la France entend soutenir les organisations haïtiennes qui interviennent directement auprès des femmes et des filles. Dans le Grand Sud, le BDHH et l’ODIFED poursuivent ainsi leur travail de prévention, d’accompagnement et de défense des victimes.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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