Haïti-Sécurité : près de 2 000 militaires salvadoriens déjà présents sur le sol haïtien pour retrouver les quatres soldats disparus

PORT-AU-PRINCE, mercredi 28 octobre 2026 – Environ 1 712 militaires salvadoriens sont déjà présents en Haïti, selon une source fiable qui a confirmé ce chiffre à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI). D’autres soldats devraient les rejoindre dans les prochains jours, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver quatre militaires portés disparus depuis une attaque armée survenue le 18 octobre à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets.

Selon le quotidien Le Nouvelliste, 690 militaires supplémentaires sont arrivés en Haïti le mardi 27 octobre. De son côté, l’agence Reuters a rapporté l’envoi d’environ 1 000 soldats salvadoriens dans le pays ces derniers jours. Ces chiffres illustrent l’ampleur des renforts, même si les informations publiques ne permettent pas d’établir avec certitude le nombre total de militaires actuellement présents sur le territoire haïtien.

Les quatre soldats ont disparu après l’attaque de leur véhicule blindé à Santo. Le 24 octobre, des restes humains ont été remis à la Force de répression des gangs (FRG) par une organisation humanitaire. Leur identité n’a toutefois pas permis de confirmer qu’ils appartenaient aux militaires recherchés. Le président salvadorien, Nayib Bukele, a également affirmé que ces restes ne correspondaient pas à ses quatre compatriotes. Leur sort demeure donc inconnu.

Bukele veut garder ses militaires indépendants de la FRG

Selon le Miami Herald, Nayib Bukele souhaite que les militaires salvadoriens déployés en Haïti restent indépendants de la chaîne de commandement de la FRG. Cette position soulève des questions sur la conduite des opérations et sur la coordination entre les différents contingents engagés dans la lutte contre les groupes armés.

Si les soldats salvadoriens interviennent sous un commandement distinct, leurs relations opérationnelles avec la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la FRG devront être clairement définies. Or, le gouvernement haïtien n’a pas encore fourni d’explications détaillées sur les effectifs annoncés, les missions confiées à ces renforts et les modalités de leur commandement.

Ce déploiement suscite néanmoins de l’espoir chez une partie de la population haïtienne, qui subit depuis plus de cinq ans les violences, les enlèvements et les atrocités commises par les groupes criminels armés. Pour les habitants des quartiers contrôlés par les gangs, l’arrivée de ces militaires représente l’espoir de pouvoir retrouver leurs maisons et circuler en sécurité.

Toutefois, les objectifs de Nayib Bukele restent à préciser. Son gouvernement entend-il engager ses soldats dans tous les quartiers occupés par les gangs afin de démanteler durablement les groupes armés, ou concentrera-t-il ses opérations sur les zones liées à la disparition des quatre militaires ? Pour l’heure, aucune information ne permet de déterminer l’étendue exacte des opérations envisagées.

La question du cadre juridique de cette présence militaire reste également posée. Le Salvador a autorisé, par une loi nationale, la participation de ses forces armées à la mission en Haïti pour une période initiale de douze mois à compter du 2 octobre 2026. Cependant, cette autorisation ne suffit pas, à elle seule, à préciser les conditions d’une éventuelle intervention indépendante de la FRG.

Aucun accord bilatéral d’assistance militaire entre Haïti et le Salvador autorisant explicitement une telle intervention indépendante n’a pu être établi à partir des informations publiques consultées. Les autorités haïtiennes et salvadoriennes sont donc attendues sur les accords applicables, les limites du mandat des soldats et les mécanismes de coordination avec les forces déjà présentes dans le pays.

Alors que de nouveaux renforts sont annoncés, les attentes d’une partie de la population restent fortes. Au-delà des recherches visant à retrouver les quatre militaires disparus, la question demeure de savoir si cette présence salvadorienne contribuera à libérer durablement les quartiers contrôlés par les gangs, dans un cadre opérationnel et juridique clairement défini.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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