Haïti – Violence : 5 700 personnes tuées , plus de 1 000 femmes et filles violées, selon le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme

Au moins 5 700 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti entre le 1er janvier et le 11 septembre 2026, dans des violences liées aux gangs ou lors d’opérations menées contre eux, selon le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Plus de 230 personnes ont également été enlevées et plus de 1 000 femmes et filles ont été violées durant la même période.

Genève, 2 octobre 2026. –

La situation des droits humains demeure extrêmement préoccupante en Haïti. Lors d’une intervention devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, vendredi à Genève, Volker Türk a indiqué que son bureau avait documenté au moins 5 700 personnes tuées ou blessées entre le 1er janvier et le 11 septembre 2026. Il a précisé que les chiffres réels pourraient être beaucoup plus élevés.

Selon le Haut-Commissaire, les gangs ont également enlevé plus de 230 personnes et violé plus de 1 000 femmes et filles au cours de cette période. Ces données illustrent l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire qui continue de frapper le pays.

En 2025, les Nations unies avaient recensé 5 915 personnes tuées et 2 708 blessées en Haïti, soit 8 623 victimes au total, selon les données citées dans le bilan onusien.

Les gangs étendent leur présence à de nouvelles zones

Volker Türk estime que la population haïtienne reste prise entre la violence des gangs et les opérations de sécurité. Il souligne que les groupes armés continuent de s’adapter, de se réarmer et d’étendre leur présence à de nouvelles zones du pays.

Le Haut-Commissaire cite notamment les attaques récentes à Kenscoff et à Gressier, ainsi que la progression des gangs dans le département du Sud-Est. Selon lui, ces mouvements témoignent d’une volonté de prendre le contrôle de nouveaux territoires et de routes de transport stratégiques.

Volker Türk estime par ailleurs que la Force de répression des gangs (FRG), mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, reste largement en dessous des capacités nécessaires pour faire face à la situation. Il appelle à un déploiement complet et accéléré de cette force, accompagné des équipements nécessaires et de garanties solides en matière de respect des droits humains.

Le Haut-Commissaire s’inquiète également des opérations menées par les forces de sécurité. Selon lui, plus de la moitié des victimes recensées depuis le début de l’année sont survenues dans le contexte d’opérations de sécurité, avec notamment des personnes touchées par des balles perdues et des drones explosifs.

Toutefois, Volker Türk relève une baisse de près de moitié des exécutions sommaires attribuées aux unités de police spécialisées par rapport à 2025. Il affirme néanmoins que des personnes soupçonnées d’être liées aux gangs continuent d’être exécutées sommairement.

Dans certaines zones, les groupes d’autodéfense ont, eux aussi, tué ou blessé environ 280 personnes depuis le début de l’année, selon le Haut-Commissaire.

Les enfants particulièrement exposés à la violence

La violence continue également de perturber l’accès de la population aux services essentiels, notamment aux écoles et aux hôpitaux. Volker Türk souligne que l’insécurité alimentaire et les difficultés d’accès aux soins aggravent davantage la situation humanitaire.

Le Haut-Commissaire alerte aussi sur la participation croissante des enfants aux groupes armés. Selon les données présentées devant le Conseil des droits de l’homme, entre 30 % et 50 % des membres des gangs seraient des enfants. Le recrutement et l’utilisation d’enfants par les gangs auraient par ailleurs presque triplé en 2025.

Les enfants sont également exposés au trafic et à différentes formes d’abus, tandis que les mécanismes de prévention et de réintégration restent insuffisants, déplore Volker Türk.

L’ONU appelle à freiner les flux d’armes vers Haïti

Face à cette situation, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme appelle à stopper les flux illicites d’armes et de munitions à destination d’Haïti. Il demande notamment aux États de respecter pleinement l’embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Pour Volker Türk, le contrôle de ces flux constitue un élément essentiel pour réduire la violence, protéger la population et contribuer au rétablissement de l’ordre dans le pays.

La situation sécuritaire demeure ainsi au cœur des préoccupations des Nations unies, alors que les gangs poursuivent leur expansion dans plusieurs régions d’Haïti et que les autorités cherchent à renforcer les capacités de réponse sécuritaire.

Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)


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