Haïti : la CEH appelle à sécuriser le pays avant les prochaines élections
La Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) estime que la sécurité, la neutralité des institutions et un consensus sont indispensables à la tenue d’élections crédibles.

Port-au-Prince, 27 septembre 2026. La Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) appelle les autorités à créer un environnement sécurisé avant les prochaines élections.

Dans un message publié à l’issue de son Assemblée plénière, tenue du 21 au 24 septembre 2026, la CEH exprime ses préoccupations face à la situation nationale.
Les évêques constatent notamment que la violence prend une place croissante dans la vie du pays. Elle influence également le fonctionnement de la vie politique.
La CEH s’interroge ainsi sur les conditions dans lesquelles les prochaines élections pourraient se tenir. Elle questionne notamment leur caractère inclusif, impartial et transparent.
Les évêques s’interrogent aussi sur les garanties de sécurité. Elles permettront aux citoyens d’exercer leur droit de vote sans mettre leur vie en danger.
Pour la CEH, le retour à l’ordre constitutionnel par les urnes demeure nécessaire. De plus, elle considère que le libre choix des dirigeants constitue un élément essentiel de la démocratie.
Toutefois, la Conférence épiscopale estime que la convocation des élections ne suffit pas à garantir leur crédibilité. Selon elle, plusieurs conditions doivent être réunies avant le scrutin.
Il s’agit notamment d’un environnement pacifié, de la neutralité des institutions de l’État et d’un consensus entre les acteurs concernés.
« La sécurité du citoyen précède l’opération de vote », rappellent les évêques.
Ainsi, la CEH estime qu’aucun citoyen ne devrait avoir à choisir entre l’exercice de son droit civique et sa sécurité.
La CEH appelle à une mobilisation collective
La Conférence épiscopale met également en garde contre les risques liés à un scrutin organisé dans un contexte d’instabilité.
Selon les évêques, l’absence de conditions favorables pourrait provoquer de nouvelles crises au lieu de contribuer à la stabilité du pays.
La CEH appelle donc les autorités de l’État, les forces politiques, la société civile, les acteurs économiques et les partenaires internationaux à prendre des engagements précis.
Ces acteurs sont notamment appelés à protéger la population. Ils doivent également répondre à l’urgence humanitaire, restaurer l’autorité de l’État et contribuer à la création de conditions favorables aux élections.
Par ailleurs, les évêques invitent les différents secteurs à dépasser les querelles et les intérêts particuliers.
Ils encouragent aussi les acteurs haïtiens à renouer avec le dialogue, le pardon et la réconciliation, dans la justice et la vérité.
La situation sécuritaire préoccupe les évêques
Dans son message, la CEH revient également sur la situation sécuritaire du pays.
Elle dénonce notamment l’avancée des groupes armés et la recrudescence des enlèvements.
De plus, elle souligne les difficultés auxquelles sont confrontées les familles, les écoles et les universités.
La Conférence épiscopale reconnaît toutefois les efforts des forces publiques engagées sur le terrain.
Elle souligne que certains policiers et militaires paient parfois de leur vie leur engagement pour protéger la population.
La sécurité au cœur du processus électoral
En définitive, la CEH place la sécurité des citoyens au cœur des conditions nécessaires à la tenue des prochaines élections.
Les évêques appellent les différents acteurs à agir pour créer un environnement permettant à la population de participer au processus électoral sans craindre pour sa vie.
Enfin, la CEH conclut son message par un appel à l’espérance, à la justice et à la fraternité.
Elle invite les Haïtiens à construire une société dans laquelle le droit l’emporte sur la force. Elle appelle également à faire de la justice et de la paix des fondements de la société.
Les signataires du message
Le message porte notamment la signature de Mgr Max Leroy MÉSIDOR, archevêque métropolitain de Port-au-Prince et président de la CEH.
Il est également signé par Mgr Joseph Gontrand DÉCOSTE, SJ, évêque de Jérémie et secrétaire général de la CEH.
Parmi les autres signataires figurent Chibly Cardinal LANGLOIS, évêque des Cayes et conseiller ; Mgr Launay SATURNÉ, archevêque métropolitain du Cap-Haïtien ; et Mgr Yves Marie PÉAN, CSC, évêque des Gonaïves.
La liste comprend également Mgr Quesnel Alphonse, SMM, administrateur apostolique de Fort-Liberté ; Mgr Pierre André Dumas, évêque d’Anse-à-Veau/Miragoâne et vice-président de la CEH ; ainsi que Mgr Désinord Jean, évêque de Hinche et économe de la CEH.
Par ailleurs, Mgr Marie Érick Glandas Toussaint, évêque de Jacmel, et Mgr Charles Peters Barthélus, évêque de Port-de-Paix, figurent également parmi les signataires.
Le document porte enfin les signatures de Mgr Sander Louis-Jean, évêque nommé de Fort-Liberté, et de Mgr Wismick Jean-Charles, SMM, évêque auxiliaire de Port-au-Prince.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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