Haïti plaide pour une coopération régionale face à la pénurie de personnel infirmier dans la Caraïbe
Réunis à Washington, les membres du Conseil exécutif de la CARPHA ont examiné les principaux enjeux de santé et de sécurité sanitaire dans la Caraïbe. Haïti a notamment proposé de mettre à contribution son potentiel de formation et de personnel infirmier pour répondre aux besoins de certains pays de la région.

Port-au-Prince, 26 septembre 2026. La 33e réunion du Conseil exécutif de la Caribbean Public Health Agency (CARPHA) s’est tenue le 24 septembre 2026 à Washington, D.C. Les échanges ont porté principalement sur les enjeux de santé et de sécurité sanitaire dans la Caraïbe, ainsi que sur le renforcement de la coopération régionale.

À cette occasion, le ministre haïtien de la Santé publique et de la Population, Dr Bertrand Sinal, a réaffirmé l’engagement d’Haïti envers la CARPHA. Il a également salué la mise à disposition en français des documents de la réunion, qu’il considère comme un élément important pour la participation d’Haïti aux travaux de l’organisation.
Haïti veut renforcer sa coopération avec la CARPHA
Dans son intervention, le ministre a également remercié la directrice exécutive de la CARPHA, Dr Lisa Indar, ainsi que son équipe pour leur mission en Haïti au mois d’août.
Selon Bertrand Sinal, cette visite a permis de renforcer le dialogue autour des priorités sanitaires du pays et d’identifier des domaines dans lesquels la coopération entre Haïti et la CARPHA pourrait être approfondie.
« Cette dynamique » doit désormais, selon le ministre, se traduire par des actions concrètes au bénéfice des populations.
La pénurie d’infirmiers au cœur de la proposition haïtienne
Haïti a par ailleurs mis en avant un enjeu qui concerne plusieurs systèmes de santé de la région : la pénurie de personnel infirmier.
Le ministre Bertrand Sinal a indiqué qu’Haïti dispose d’un potentiel important de professionnels infirmiers et de capacités de formation. Le pays souhaite ainsi travailler avec les États membres de la CARPHA qui font face à des besoins dans ce domaine.
La proposition repose notamment sur des mécanismes organisés de formation, de mobilité professionnelle et de coopération. L’objectif est de permettre à Haïti de contribuer à répondre à une partie des besoins en personnel infirmier, tout en tenant compte des exigences et des capacités de chaque système de santé.
Cette coopération devrait également faciliter la circulation des cadres et des professionnels de santé pour les formations, les missions techniques et les échanges d’expériences, dans le respect de la souveraineté des États.
Haïti propose aussi le partage de son expérience
Au-delà de la question du personnel infirmier, Haïti s’est déclarée disposée à partager certaines de ses expériences avec les autres États membres de la CARPHA.
Le pays entend notamment mettre à contribution son expérience dans les domaines de la surveillance, de l’intégration des soins, de la transformation des services et des systèmes d’information.
En parallèle, le ministre haïtien a souligné l’importance pour Haïti de tirer également profit des expériences des autres pays de la région.
« La sécurité sanitaire de chacun dépend de celle de toute la Caraïbe »
Pour Bertrand Sinal, les enjeux sanitaires dépassent les frontières nationales. « Aucun de nos pays ne peut garantir seul sa sécurité sanitaire », a-t-il déclaré, estimant que la sécurité sanitaire de chaque État dépend de celle de l’ensemble de la région.
Le ministre a également rappelé qu’Haïti assume des responsabilités au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Comité exécutif de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Il a indiqué que le pays est également appelé à exercer prochainement des responsabilités au sein du Conseil des ministres de la Santé de la CARICOM (COHSOD) et du Conseil exécutif de la CARPHA.
Ces responsabilités, a-t-il souligné, doivent être considérées comme une obligation de contribuer aux priorités sanitaires régionales plutôt que comme de simples titres.
À Washington, Haïti a ainsi réaffirmé sa volonté de travailler avec les autres États membres sur des enjeux communs, notamment la sécurité sanitaire, la mobilité des professionnels et le renforcement des capacités des systèmes de santé caribéens.
« Parce que protéger Haïti, c’est aussi protéger la Caraïbe. Et protéger la Caraïbe, c’est protéger Haïti », a conclu le ministre.
Ronald André
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