La Coalition des Forces Républicaines propose une nouvelle gouvernance politique pour relancer le processus électoral
La Coalition des Forces Républicaines (CFR), qui affirme regrouper 44 partis et organisations, propose une nouvelle gouvernance de transition pour relancer le processus électoral en Haïti. Dans une prise de position datée du 20 septembre, la coalition estime que l’insécurité et la crise humanitaire ne permettent pas, à ce stade, de réunir les conditions nécessaires aux élections prévues à la fin de 2026.

Port-au-Prince, le 21 septembre 2026. —La CFR met également en cause la gestion de la transition par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Elle formule plusieurs propositions, dont le maintien de l’actuel Conseil électoral provisoire (CEP), la sécurisation des routes nationales et l’organisation d’un sommet politique avec la participation d’acteurs haïtiens et internationaux.
La CFR alerte sur la situation sécuritaire
La coalition dénonce la multiplication des enlèvements et l’extension du contrôle territorial des groupes armés.
Elle affirme que l’insécurité compromet la préparation des élections. Selon la CFR, environ 1,6 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et 6,5 millions d’Haïtiens vivent dans une situation de détresse alimentaire.
Ces chiffres sont avancés par la coalition dans sa prise de position. Des données publiées précédemment font état de niveaux différents, notamment près de 1,47 million de personnes déplacées et plus de 5,8 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en mai 2026.
Pour la CFR, cette situation ne permet pas encore d’organiser des élections libres, transparentes et démocratiques.
La gestion de la transition mise en cause
La coalition critique directement l’action du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Elle estime que son gouvernement n’a pas rétabli les conditions sécuritaires nécessaires à l’organisation du scrutin.
La CFR conteste également l’engagement politique du chef du gouvernement. Elle critique notamment la création de sa propre plateforme politique, estimant que cette initiative fragilise la confiance entre les autorités de transition, les acteurs politiques et la société civile.
La coalition considère aussi que le Premier ministre devrait respecter les engagements de neutralité prévus, selon elle, par le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.
Elle questionne enfin la participation d’Alix Didier Fils-Aimé à la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. La CFR estime que le chef du gouvernement aurait dû consulter les forces politiques et sociales organisées avant de représenter le pays à cette occasion.
Ces critiques reflètent la position de la CFR. Le document de la coalition ne présente pas, dans cette prise de position, de réponse du gouvernement aux reproches formulés.
La coalition veut maintenir le CEP
Malgré ses critiques du contexte électoral, la CFR ne demande pas la dissolution du Conseil électoral provisoire.
Elle propose au contraire de maintenir l’actuel CEP afin de permettre la poursuite du processus. La coalition avait déjà défendu cette position dans un document présenté à la CARICOM au début du mois de septembre.
Elle souhaite toutefois que les conditions politiques et sécuritaires soient réunies avant la tenue du scrutin.
Quatre axes pour relancer le processus électoral
La CFR avance plusieurs mesures pour sortir de la crise.
Elle propose d’abord une nouvelle gouvernance politique de transition. Celle-ci devrait, selon la coalition, être suffisamment équilibrée pour rétablir la confiance entre les différents secteurs.
La deuxième proposition concerne la sécurité. La CFR demande le déblocage et la sécurisation des routes nationales afin de faciliter la circulation des personnes et le fonctionnement du processus électoral.
La coalition propose ensuite de maintenir le CEP pour finaliser les opérations électorales.
Enfin, elle réclame l’organisation d’un sommet politique international. La rencontre réunirait le gouvernement, les partis politiques et les représentants de la société civile. La CFR souhaite également la participation de la CARICOM, de l’ONU, de l’OEA et de l’OIF.
Le décret électoral et le calendrier au cœur du sommet
Selon la CFR, le sommet devrait permettre de discuter de la gouvernance de la transition, du décret électoral et du calendrier des élections.
La coalition souhaite ainsi parvenir à une feuille de route permettant de poursuivre le processus dans un contexte politique et sécuritaire qu’elle juge plus favorable.
La CFR affirme par ailleurs participer aux consultations politiques en cours avec différents secteurs du pays. Des discussions entre la coalition et Tèt Ansanm Pou Ayiti ont notamment porté récemment sur la sécurité, la gouvernance, les élections et le fonctionnement de l’Exécutif.
À travers sa prise de position, la Coalition des Forces Républicaines appelle donc à une révision de la gouvernance de transition avant la poursuite de la séquence électorale.
La coalition maintient toutefois que les élections doivent rester l’aboutissement du processus de transition. Elle estime que leur organisation nécessite d’abord des garanties politiques, institutionnelles et sécuritaires.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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