Kenscoff : après les avancées de la PNH, des interrogations sur le rôle des FAd’H dans la consolidation des territoires

Alors que la Police nationale d’Haïti (PNH) affirme avoir enregistré des avancées dans plusieurs secteurs de Kenscoff lors de ses opérations des 16 et 17 septembre, des interrogations persistent sur le dispositif appelé à assurer la consolidation des positions reconquises et à empêcher les groupes armés de reprendre pied dans les zones libérées.

Kenscoff, 21 septembre 2026.

Selon des informations rapportées à notre rédaction, la question de la présence des Forces armées d’Haïti (FAd’H) dans les zones reprises par la PNH suscite actuellement des préoccupations. Des sources affirment que l’armée devait contribuer à la consolidation des territoires récupérés par les forces de police, afin de permettre à la PNH de poursuivre ses opérations tout en maintenant une présence sécuritaire durable dans les secteurs concernés.

La consolidation, un enjeu majeur après les opérations

Les opérations policières menées les 16 et 17 septembre auraient permis aux forces de l’ordre d’atteindre plusieurs espaces jusque-là contrôlés par des groupes armés. Le maire de Kenscoff, Massillon Jean, a confirmé que la PNH et des habitants avaient pu accéder à des secteurs occupés depuis près de 21 mois, sans toutefois révéler publiquement les localités concernées.

Une source locale rapporte également que des soldats des FAd’H ont participé aux affrontements aux côtés de policiers et de membres de la Task Force dans la localité de Bois-d’Avril. Des hélicoptères et des drones auraient également été mobilisés au cours de ces opérations.

Mais au-delà de la reconquête militaire ou policière, la véritable question demeure celle du maintien du contrôle du terrain.

Car une zone reprise aux groupes armés reste vulnérable si elle n’est pas rapidement sécurisée par une présence permanente des forces de l’État. L’expérience récente de Kenscoff montre d’ailleurs les conséquences potentiellement dramatiques d’un dispositif sécuritaire insuffisant. Un rapport récent consacré aux massacres de la commune a notamment mis en évidence des failles dans le dispositif de sécurité et des problèmes liés au déploiement des forces.

Où sont les renforts annoncés ?

Dans ce contexte, une interrogation revient avec insistance : quelle stratégie les autorités sécuritaires entendent-elles mettre en place pour consolider les positions reprises par la PNH ?

Si la police parvient à repousser les groupes armés d’un secteur, mais que les forces de sécurité ne maintiennent pas une présence suffisante sur place, le risque d’une contre-offensive ou d’un retour des groupes criminels demeure.

La question ne concerne donc pas uniquement la capacité à mener des opérations offensives. Elle porte également sur la capacité de l’État à tenir le terrain, protéger les habitants et empêcher une nouvelle implantation des groupes armés.

À Kenscoff, où la population a déjà payé un lourd tribut aux violences, cette consolidation apparaît comme un élément déterminant de toute stratégie sécuritaire durable.

La population réclame une action coordonnée

La situation pose également la question de la coordination entre la PNH et les FAd’H. Dans la lutte contre les groupes armés, les deux institutions disposent de missions et de capacités différentes, mais leur complémentarité peut constituer un élément important du dispositif de sécurité national.

L’objectif premier devrait rester la protection de la population civile et la restauration durable de l’autorité de l’État dans les zones abandonnées aux groupes armés.

Les récents événements de Kenscoff montrent en tout cas que la reconquête d’un territoire ne constitue qu’une première étape. La véritable bataille commence après la reprise : sécuriser, maintenir les positions et empêcher les criminels de revenir.

Pour l’heure, le silence des autorités militaires sur les informations faisant état d’une attente concernant une éventuelle consolidation par les FAd’H laisse ouvertes plusieurs questions. Une clarification officielle du haut commandement permettrait notamment de déterminer le rôle exact assigné à l’armée dans les opérations actuelles à Kenscoff et dans la sécurisation des secteurs récemment repris. La coordination entre ces deux forces légales s’avère cruciale pour le progrès dans le cadre de la lutte contre l’insécurité.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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