Désinformation et intelligence artificielle : l’UJMH appelle les médias haïtiens à redoubler de vigilance
Les fausses informations se multiplient et les contenus générés ou manipulés par l’intelligence artificielle (IA) sont en plein essor. Dans ce contexte, l’Union des Journalistes et des Médias d’Haïti (UJMH) appelle les médias haïtiens et les professionnels de l’information à redoubler de prudence dans la collecte, la vérification et la diffusion des contenus.

Port-au-Prince, 13 août 2026. – L’organisation s’adresse notamment aux médias en ligne et traditionnels, aux journalistes, animateurs, producteurs de contenus ainsi qu’aux responsables de plateformes numériques.
Elle les invite à faire de la vérification des informations une priorité. En effet, nous vivons dans un environnement médiatique où les technologies d’intelligence artificielle permettent de produire rapidement de faux textes, images, vidéos et enregistrements audio.
Selon l’UJMH, l’évolution des outils numériques donne une nouvelle dimension à la désinformation. Les deepfakes, les montages trompeurs et les contenus sortis de leur contexte peuvent circuler à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Ils sont susceptibles de donner une apparence de crédibilité à des informations pourtant entièrement fabriquées.
Cette situation représente un défi majeur pour les médias, dont la crédibilité constitue, selon l’organisation, « un bien public qu’il faut protéger ».
L’importance de la vérification
Une information diffusée sans vérification peut avoir de lourdes conséquences, soutient l’UJMH. Elle peut provoquer la panique, porter atteinte à la réputation d’une personne, alimenter les tensions sociales. Elle est aussi capable d’influencer l’opinion publique ou, dans certains cas, mettre des vies en danger.
L’UJMH rappelle aux professionnels des médias que la recherche de rapidité ne doit pas se faire au détriment de la rigueur journalistique.
Avant toute publication, les rédactions doivent identifier l’origine d’un contenu, vérifier les faits auprès de plusieurs sources fiables. Lorsque cela est nécessaire, ils doivent consulter directement les personnes ou institutions concernées.
L’organisation recommande également aux médias de signaler clairement les incertitudes lorsqu’une information n’a pas encore pu être totalement confirmée.
Parmi les principales recommandations formulées par l’UJMH figurent notamment la vérification systématiquement des images, vidéos, fichiers audio et captures d’écran avant leur diffusion.
Il faut aussi retrouver, autant que possible, la source originale d’une information ; recouper les faits auprès d’au moins deux sources crédibles, rappelle l’UJMH.
L’organisation invite les professionnels de la presse à faire une distinction claire entre faits, opinions, rumeurs et hypothèses. Ils ne doivent pas considérer une publication virale comme une preuve suffisante. Ils doivent corriger rapidement et publiquement toute information erronée ; renforcer la formation des équipes aux outils de vérification numérique et à l’identification des contenus manipulés.
L’UJMH insiste également sur la responsabilité individuelle des journalistes. Un contenu dont l’origine ne peut être établie ne devrait pas être présenté comme authentique.
Pour l’organisation, le principe doit être simple : en cas de doute, mieux vaut retarder une publication que contribuer à la propagation d’une fausse information.
Cette prudence est d’autant plus importante dans un contexte où une information peut devenir virale en quelques minutes. Elle peut atteindre un très large public avant même que son authenticité puisse être établie.
Au-delà de leur mission d’informer, les médias ont également, rappelle l’UJMH, une responsabilité pédagogique auprès de la population.
Ils doivent contribuer à sensibiliser le public aux méthodes permettant d’identifier les contenus suspects, vérifier l’origine d’une information et distinguer une source fiable d’une simple publication circulant sur les réseaux sociaux.
L’UJMH rappelle ainsi que tout ce qui circule sur les plateformes numériques n’est pas nécessairement vrai, même lorsque le contenu semble crédible ou bénéficie d’une large diffusion.
Enfin, l’Union des Journalistes et des Médias d’Haïti réaffirme son engagement en faveur d’une presse libre, responsable, éthique et professionnelle.
Vant Bèf Info (VBI)
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