Éducation : l’ANNIH exhorte le gouvernement à repenser la direction du MENFP
L’Association Nationale des Normaliens Indépendants d’Haïti (ANNIH) interpelle les autorités de l’État sur la situation préoccupante du système éducatif haïtien.
Dans une lettre adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le syndicat d’enseignants réclame un changement à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), estimant que l’institution peine à relever les défis structurels qui paralysent l’école haïtienne.

Port-au-Prince, 19 février 2026.
Un système éducatif fragilisé
L’ANNIH dresse le portrait d’un appareil éducatif affaibli par des lacunes administratives, un déficit de planification et une instabilité chronique des politiques publiques. Selon le syndicat, l’éducation, pilier de la cohésion sociale et de la souveraineté nationale, demeure otage d’une gouvernance marquée par l’improvisation et les considérations partisanes.
Ces faiblesses compromettent la continuité des réformes et aggravent la précarité dans les écoles publiques, déjà confrontées à des infrastructures insuffisantes, au manque de matériel didactique et à une insécurité grandissante.
Une gestion jugée insuffisante
Sans formuler d’accusations directes, l’ANNIH questionne l’efficacité du ministère dirigé par Augustin Antoine. Les initiatives entreprises, comme la révision du curriculum ou certains programmes d’accompagnement pédagogique, sont jugées limitées et peu adaptées aux réalités des enseignants et des élèves.
Selon l’organisation, ces actions n’engendrent pas de transformation profonde du système éducatif ni d’égalité réelle d’accès à une éducation de qualité sur l’ensemble du territoire.
Plaidoyer pour un leadership compétent
L’ANNIH préconise la nomination d’un responsable disposant d’une expertise pédagogique solide et d’une expérience concrète du terrain. Le profil recherché : un professionnel capable d’élaborer une réforme curriculaire cohérente, de renforcer la formation continue des enseignants et d’assurer une gestion rigoureuse et transparente des établissements scolaires.
Le syndicat insiste également sur l’importance d’un leadership intègre, capable de restaurer la confiance entre l’État, les éducateurs et la population.
L’éducation, levier du redressement national
Face à la violence, la pauvreté et la fragilité des services publics, l’ANNIH estime que la relance du secteur éducatif est cruciale pour le redressement du pays. Seule une réforme structurelle et durable, selon le syndicat, permettra de replacer l’école au cœur du projet national.
Réaffirmant sa devise « Pour une éducation libératrice au service de l’efficacité nationale » et son mot d’ordre en créole, « Lekòl la se kè pou Ayiti, ann sove lekòl la », l’organisation appelle à une mobilisation collective pour faire de l’éducation une priorité stratégique plutôt qu’une variable d’ajustement politique.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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