L’Institution Nationale Supérieure de Formation des Sages-Femmes ouvre de nouvelles inscriptions pour renforcer la prise en charge maternelle en Haïti
L’Institution Nationale Supérieure de Formation des Sages-Femmes (INSFSF), entité de l’Université d’État d’Haïti, a annoncé l’ouverture de nouvelles inscriptions destinées à la formation de sages-femmes, dans un contexte de forte pression sur les services de santé maternelle du pays.

Port-au-Prince, 19 février 2026. —Selon un avis publié le mercredi 18 février, la période d’inscription s’étend du 18 février au 13 mars 2026 et se déroule en ligne via le site de l’université. Le programme concerne trois pôles de formation — l’Ouest, le Nord et le Sud — ce dernier figurant parmi les départements les plus touchés par la mortalité infantile, d’après un rapport publié en 2024 par Médecins Sans Frontières.
Une situation sanitaire préoccupante
Haïti affiche le taux de mortalité maternelle le plus élevé de la Caraïbe et de l’Amérique centrale, avec environ 529 décès pour 100 000 naissances. Les spécialistes estiment que seulement 36 % des femmes accouchent dans un établissement de santé, ce qui accroît les risques de complications graves, notamment les hémorragies, les infections et l’hypertension. Plus de 60 % des accouchements se déroulent ainsi sans assistance médicale qualifiée.
La capacité du système hospitalier demeure fortement réduite. Au moins une trentaine d’hôpitaux ont cessé leurs activités dans la capitale, et les maternités sont particulièrement touchées. Dans la zone métropolitaine, seules trois structures publiques restent opérationnelles, dont l’Hôpital universitaire de La Paix. Cette situation limite considérablement l’accès aux soins pour les femmes enceintes, notamment celles disposant de faibles ressources.
La pénurie de personnel médical, aggravée par l’exode de professionnels de santé vers l’étranger, affecte également les zones reculées. Par ailleurs, la suspension de financements internationaux — qui couvraient une part importante du plan humanitaire en 2024 — a contribué à réduire les capacités d’intervention des acteurs sanitaires.
Fermetures d’établissements et hausse des accouchements à domicile
Entre 2022 et 2025, la proportion de décès maternels enregistrés en milieu hospitalier a augmenté de manière significative. Parallèlement, les accouchements à domicile sont devenus plus fréquents.
Selon Diana Manilla Arroyo, responsable de projets de MSF en Haïti, la réouverture de la maternité Isaïe Jeanty, située à Cité Soleil, répond à un besoin urgent d’accès à des soins sécurisés. Elle souligne que l’insécurité croissante a entraîné la fermeture de nombreux établissements, réduisant l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
Le Dr Datus, gynécologue à la maternité Chancerelles, indique que l’insécurité a également contraint de nombreuses femmes à accoucher hors des structures médicales, souvent sans assistance qualifiée. La maternité de Chancerelles, fermée après des attaques armées en 2024, a pu reprendre ses activités en 2025 avec l’appui de Ministère de la Santé Publique et de la Population et de MSF.
Former davantage de sages-femmes
Dans ce contexte, l’INSFSF affirme vouloir contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infantile par le renforcement de la formation spécialisée. L’institution rappelle que l’accès à un accouchement sécurisé relève des droits fondamentaux des femmes et non d’un privilège.
Cette nouvelle phase d’inscriptions s’inscrit ainsi dans les efforts visant à renforcer les ressources humaines en santé maternelle, alors que les besoins continuent d’augmenter à travers le pays.
Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)
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