COPPOS-HAÏTI plaide pour une transition réformée afin de sortir Haïti de l’impasse politique
Face à une crise multiforme qui paralyse le pays depuis plusieurs années, la Coalition des Partis Politiques et des Organisations Socio-Politiques (COPPOS-HAÏTI et Alliés) a présenté une proposition politique ambitieuse intitulée « Vers une Transition Réformée ». Ce document, signé par plusieurs responsables politiques, appelle à une refondation de la gouvernance transitoire et à la tenue d’élections libres d’ici février 2026.

Port-au-Prince, le 14 octobre 2025 .–Dans son analyse, COPPOS-HAÏTI dresse un tableau préoccupant de la situation sécuritaire.Selon la coalition, la violence des gangs continue de semer la peur dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ainsi que dans l’Artibonite, l’Arcahaie et le Plateau Central, malgré les efforts conjoints de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et des Forces Armées d’Haïti (FADH).
Elle dénonce les faiblesses structurelles de la PNH, estimant qu’elle demeure trop vulnérable aux pressions politiques. COPPOS-HAÏTI plaide pour une meilleure répartition des ressources et un soutien international accru pour renforcer la sécurité publique.
La proposition repose sur une refonte en profondeur des institutions de transition. COPPOS-HAÏTI suggère de réduire la taille du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de former un gouvernement de consensus pour rendre la gouvernance plus efficace.
La coalition prône également une révision ciblée de la Constitution, accompagnée de l’organisation des élections générales en novembre 2026. Elle recommande la suppression du poste de Premier ministre durant la transition, la création d’un poste de Vice-président pour assurer la continuité de l’État en cas de vacance présidentielle, et la limitation du mandat présidentiel à deux termes consécutifs.
Sur le plan parlementaire, COPPOS-HAÏTI propose de réduire le nombre d’élus à deux sénateurs par département et deux députés par arrondissement, pour un total de 84 députés.
Repenser la gouvernance locale
La coalition plaide pour une simplification des structures communales. Elle propose qu’un seul maire dirige chaque commune, tout en supprimant les ASEC et les délégués de ville, et en réduisant le CASEC à un seul membre.
Selon COPPOS-HAÏTI, la Constitution de 1987 est devenue une source d’instabilité chronique. Elle appelle à une révision concertée des articles relatifs aux collectivités territoriales et à la durée des mandats, dans le but de consolider la gouvernance locale.
Sur le plan judiciaire, COPPOS-HAÏTI plaide pour un renforcement de la chaîne pénale à travers un meilleur appui logistique et financier. Elle souhaite également transformer l’ULCC et l’UCREF en institutions autonomes afin de renforcer la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent.
Sécurité, économie et gouvernance : un même enjeu
La coalition établit un lien direct entre insécurité et effondrement économique.
Selon le document, la violence empêche la libre circulation des biens, freine les investissements et provoque des déplacements massifs de population, touchant plus de trois millions de personnes.
Bien qu’aucune mesure économique détaillée ne soit présentée, COPPOS-HAÏTI considère qu’une transition simplifiée et réformée est indispensable pour relancer le pays. La coalition estime que des élections crédibles et une gouvernance responsable constituent les clés pour restaurer la confiance et stimuler le développement.
Appel au dialogue et au consensus national
La proposition s’inscrit dans la continuité de l’accord du 3 avril 2024, centré sur la sécurité, la réforme institutionnelle et la relance économique. COPPOS-HAÏTI espère que ce document servira de base de discussion entre les acteurs politiques, la société civile et les partenaires internationaux, dans le but de ramener stabilité et légitimité au processus de transition.
Likenton Joseph
Vant Bèf Info (VBI)
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