Pétion-Ville submergée par l’arrivée massive de déplacés internes

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Face à la montée fulgurante des violences armées dans la région métropolitaine, des milliers de familles haïtiennes fuient leurs quartiers devenus impraticables. Pétion-Ville, commune déjà densément peuplée, est aujourd’hui l’un des principaux pôles d’accueil de ces déplacés internes.

Un afflux qui bouleverse l’équilibre urbain
Port-au-Prince, 31 mars 2025 – Depuis plusieurs semaines, des vagues de réfugiés internes arrivent à Pétion-Ville. Familles, commerçants, professionnels, mais aussi écoles et petites entreprises déplacées s’y installent, cherchant désespérément un minimum de sécurité. D’une superficie de 165,49 km², la commune subit déjà une pression démographique intense.
Selon les dernières estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des Nations unies (ONU), plus d’un million de déplacés internes sont recensés à travers le pays. Pétion-Ville, malgré ses limites structurelles, absorbe une part significative de cette population en errance. Si certains trouvent refuge chez des proches, d’autres occupent les places publiques ou des bâtiments abandonnés.
Pression sur les services et infrastructures
Le quotidien à Pétion-Ville s’alourdit. Embouteillages incessants, prolifération des marchands ambulants, difficulté accrue de gestion des déchets : le visage de la commune change. Des lieux emblématiques comme la Place Boyer et la Place Saint-Pierre sont aujourd’hui envahis par des enfants en détresse et des familles sans toit.
Les services essentiels — eau, électricité, santé — sont sous forte tension. Les écoles, quant à elles, débordent. Le nombre d’enfants déscolarisés grimpe, alimentant l’inquiétude d’une génération sacrifiée.
Un climat d’incertitude grandissante
Pétion-Ville, bien qu’encore perçue comme relativement épargnée, n’est pas hors de portée des gangs. L’insécurité gagne du terrain, nourrissant un climat d’angoisse permanent tant pour les déplacés que pour les habitants de longue date.
Alors que l’État peine à répondre à l’urgence, les regards se tournent vers l’avenir incertain de cette commune sous pression. Le sort de milliers de déplacés y est suspendu à l’évolution d’une crise qui ne montre aucun signe d’apaisement.
Floriane DORVAL
Vant Bèf Info (VBI)
Kite yal gonfle kò yo petyonvil, petyonvil bon li menm , n’ap konn jòj !!!!!